Titre : Baby random, Tome 1.
Auteur : Alexia Gaïa.
Genre : Romance.
Edition : Hugo & Cie.
Nombre de page : 511 pages.
Prix : 7.60€.
Résumé :
Il est 10h30 quand son patron arrive au café dans lequel travaille Célia à Chicago. Il lui fait un sourire et l'invite une fois de plus à dîner. Mais Max est français, et la réputation des Français pour briser les cœurs n'est plus à faire... Quelle excuse va-t-elle pouvoir trouver pour l'éviter ? Et si elle mettait ses préjugés de côté, Célia ne serait-elle pas surprise ?
Il est 11h05. Célia est debout derrière sa caisse. Il va arriver, elle le sait. Il vient tous les jours depuis un an, toujours à la même heure. Il ne dit pas bonjour, ne sourit pas, ne la regarde pas et commande toujours la même chose. Célia se maudit de n'être qu'une petite serveuse dans le décor de cet homme d'affaires. Pourquoi aurait-il envie de la regarder, après tout ?
Et si le sort décidait de se mêler de la vie amoureuse de Célia Fowell et de tout renverser sur son passage telle une tornade dans un magasin de porcelaine ?
L'imprévu pourrait être sa plus belle surprise !
Extrait :
Je n'arrive pas à décrocher un mot. Il me regarde du coin de l'oeil.
- Je ne t'avais jamais vue avant. Tu viens d'où ? il me demande.
C'est comme de me prendre une claque en plein visage. Je te sers tous les jours, Roman Weiss...
- Du centre, vers le Millennium Park, je réponds en un souffle.
- Vraiment ? J'y suis tous les jours, on ne s'est jamais croisés. Tu bosses là-bas aussi ?
- Non, pas vraiment...
Bien sûr que j'y bosse ! Regarde-moi, tu crois que j'ai les moyens de vivre ailleurs que dans les quartiers Sud ? Voilà ce que j'aurais dû répondre, mais je crois que j'ai honte de lui avouer qui je suis... Une serveuse qui vit dans les quartiers Sud, où tu peux acheter de la came comme t'achètes une bouteille de lait.
- Tu bosses dans quoi ? il insiste.
- Tu me parais bien curieux, je lâche.
Il baisse la tête avec un sourire, et moi je reprends mon souffle. L'avoir juste là me donne envie de fuir loin d'ici. Mais en même temps, je suis si contente qu'il s'intéresse à moi que je pourrais passer la nuit sur ce banc s'il me le demandait.
- C'est vrai, je suis curieux. C'est à cause de ta robe.
Coup de chaud.
- Ma robe ?
- Tu as l'air très sage de face et... prête à tout de dos...
Ses yeux verts me transpercent. Je soutiens son regard une longue seconde avant de me détourner, incapable d'assumer ce qu'il m'envoie.
- Je ne suis pas assez bourrée pour entendre des trucs pareils, je marmonne.
Il explose d'un rire tout aussi charmant que le reste de sa personne. Bon sang, je ne peux pas le nier, ce type me fait craquer.
- Tu me plais de plus en plus, il me lance avec un sourire hollywoodien.
- Pour ça non plus, je ne suis pas assez bourrée, je lâche tandis qu'il se redresse pour fouiller une poche intérieure de sa veste.
Il en sort un portable. Ce truc est aussi grand que mon avant-bras ! Il doit coûter le prix d'un de mes avant-bras, en y pensant. Ce sont des doigts fins mais masculins qui pianotent je ne sais quoi sur l'écran. Je croise un regard vert amusé quand l'appareil vient se poser sur son oreille.
- Une ou deux ? il me demande.
- Une ou deux quoi ?
Est-ce que j'ai loupé un morceau de la conversation ?
- Des bouteilles ! Tu en veux une ou deux ?
- Ah euh... eh bien deux, au point où j'en suis...
Son visage s'illumine d'un magnifique sourire.
- La femme parfaite existe donc, il dit en mettant sa main sur son téléphone pour que son correspondant ne l'entende pas. Je savais que je finirais par la trouver...
Je me sens rougir. Encore... Une ado prépubère, voilà ce que je suis ce soir.
- Il y a un banc tout au fond du parc, après la verrière et le cabanon de chasse. Je vous y attends, il assène plutôt froidement à son interlocuteur.
Il appelle qui ?
Il raccroche et m'envoie un énième sourire ravageur. Je ferme la bouche, de façon hermétique. Il ne faudrait que je bave, en plus !
***
L'instant suivant, nous voyons un serveur arriver dans notre direction. Habillé en pingouin, il vient se planter sous nos yeux, aussi droit qu'un chien parfaitement dressé. Roman s'adresse aussitôt à lui. Il lui demande deux bouteilles de Château Je-ne-sais-quoi.
Son ton a changé. Je reconnais le type de 11h05, froid et autoritaire.
- Monsieur votre père nous a demandé de ne pas... commence le serveur.
Roman fouille sa veste et glisse dans la main du type ce que je devine être des billets. Je fronce les sourcils. Ça a l'air si simple...
- Que vos désirs soient des ordres, monsieur, annonce le serveur en faisant demi-tour.
Je détourne mon regard du serveur qui vient de se faire un gros pourboire. Quand je pense qu'en un an, il ne m'a jamais donné un cent...
- L'argent contrôle les gens, il me dit, comme pour se justifier.
- L'argent ne contrôle pas les gens, je réplique aussitôt. Il y a plus important que l'argent dans la vie.
- Faux !
- Tu ne sais pas de quoi tu parles... L'argent ne contrôle pas les gens. Ou alors, je ne suis pas les gens, si c'est le cas.
Il a un petit sourire mais fronce tout de même les sourcils.
- Tu as fait une thèse monétaire, peut-être ?
- Peut-être bien !
Il rit et, l'instant suivant, le serveur dépose deux bouteilles de vin blanc et deux verres entre nous. Il fait sauter les deux bouchons avant de disparaître.
- Tu ne m'as pas dit dans quel secteur tu bosses, reprend Roman en me servant.
- Peu importe, tu ne vas pas me faire parler travail alors que je n'y suis pas.
Il sourit en nous servant et lève son verre.
- À cette soirée, qui s'annonce beaucoup plus intéressante que prévue !
- Je n'aurais pas dit mieux.
Je bois une grande gorgée et lui aussi. Oh merde, ce truc est super bon. Rien à voir avec l'espèce de vinaigre qu'on a pu se payer avec Gen hier soir !
- Et toi ? Dans quoi tu travailles ? je demande à mon tour.
- Hmm...
Il réfléchit, et j'attends.
- Je crois que tu as raison. On ne va pas parler boulot alors qu'on n'y est pas, il lance finalement.
Je ris dans mon verre.







