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7 mars 2018

Les gens heureux lisent et boivent du café, Tome 2 : La vie est facile, ne t’inquiète pas.


COUP DE COEUR ♥.

Titre : Les gens heureux lisent et boivent du café, Tome 2 : La vie est facile, ne t’inquiète pas.
Auteur : Agnès Martin-Lugand.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de pages : 256 pages.
Prix : 6.60€.


Résumé :

« Alors que j'étais inconsolable, il m'avait mise sur le chemin du deuil de mon mari. J'avais fini par me sentir libérée de lui aussi. J'étais prête à m'ouvrir aux autres. »

 Depuis son retour d'Irlande, Diane a tourné la page sur son histoire tumultueuse avec Edward, bien décidée à reconstruire sa vie à Paris. Avec l'aide de son ami Félix, elle s'est lancée à corps perdu dans la reprise en main de son café littéraire. C'est là, aux Gens heureux lisent et boivent du café, son havre de paix, qu'elle rencontre Olivier. Il est gentil, attentionné et surtout il comprend son refus d'être mère à nouveau. Car Diane sait qu'elle ne se remettra jamais de la perte de sa fille.

Pourtant, un événement inattendu va venir tout bouleverser : les certitudes de Diane quant à ses choix, pour lesquels elle a tant bataillé, vont s'effondrer les unes après les autres.

Aura-t-elle le courage d'accepter un autre chemin ?


Extrait :

 Si je humais l'air, son parfum envahirait mes narines et me renverrait dans ses bras. Je tremblais, ma bouche était sèche, mes mains moites, j'eus froid, j'eus chaud.
- Edward..., murmurai-je sans le vouloir.
J'eus l'impression que tout le monde m'avait entendue. Lui seul comptait. Son corps se contracta, il baissa le visage quelques secondes, serra les poings, et alluma son briquet nerveusement plusieurs fois de suite. Puis il se retourna. Nos regards s'accrochèrent. Le mien lui transmettait ma surprise et mes questions. Le sien, après m'avoir détaillée de la tête aux pieds, me renvoya de la froideur, de la distance. Ses traits étaient toujours aussi durs, arrogants, mangés par sa barbe. Sa chevelure, aussi décoiffée que dans mon souvenir, était désormais striée de quelques fils blancs. Il semblait épuisé, marqué par quelque chose que je n'arrivais pas à définir.
- Diane, dit-il enfin.
- Que fais-tu là ? lui demandai-je d'une voix tremblante, retrouvant naturellement mon anglais.
- J'expose mes photos.
- Depuis quand es-tu à Paris ?
- Trois jours.
Sa réponse eut l'effet d'un coup de poing en plein coeur.
- Tu comptais venir me...
- Non.
- Ah...


Avis :

 On retrouve Diane à Paris, dans son café littéraire. Son métier lui donne un objectif, elle se réfugie dedans sans pour autant s’y noyer puisqu’elle ose faire des rencontres sentimentales. Au fil de l’histoire son passé en Irlande rattrape son présent, faisant voler en éclat tout ses repères et sa vie. En apprenant une mauvaise nouvelle, son esprit l’emmène dans ce pays où elle s’est reconstruite ; elle fait le choix d’y retourner pour se souvenir des bons moments et surtout pour soutenir ses amis, sa seconde famille. En y remettant les pieds elle se rappelle combien elle s’y sent bien et chez elle, elle ne poursuit plus le fantôme de son mari ; mais celui de sa fille, elle ne supporte plus les enfants, l’image de Clara étant toujours présente.

Diane est plus combative que jamais, s’offrant autonomie et liberté ; ne voulant rien devoir à ses parents. Après être revenue de l’Irlande en faisant face avec sa librairie, mettant tout en œuvre pour refaire sa vie. La femme qu’elle est se révèle, abandonnant tristesse et colère ; le sourire qu’elle cachait se dessine enfin ! Elle est brillante, presque heureuse ; sauf qu’elle ne connaît pas encore son destin et elle le cherche encore. Doit-elle faire confiance à son cœur ou à sa raison ? Quelle existence et chemin doit-elle embraser ? Hésitation, incompréhension, doute et désir ne quittent plus son esprit. Je ne me suis pas plus attachée à elle, mais je l’ai vraiment admiré dans ce tome ; toutefois elle se juge égoïste, soyons honnête ; on l’est tous un peu, non ?

Ce roman est une fois de plus un voyage entre la France et l’Irlande, ma préférence étant pour ce petit village Mulranny. Je m’y suis entièrement transportée et je m’y sens comme Diane ; chez moi. Une étrange impression étant donné que je ne m’imagine aucunement partir de mon pays pour vivre ailleurs. En réalité j’ai vécu au travers de Diane, tout comme sa relation avec Olivier et ses incertitudes pour Edward. Je ne vais pas m’étaler sur l’originalité ou le suspense, dans « La vie est facile, ne t’inquiète pas » l’essentiel étant les sentiments et le partage, l’amour et l’amitié, la famille et l’espoir, les choix et les envies. Du coup on se laisse porter par la sincérité, l’authenticité, les balades, les événements tristes ou heureux. Le dénouement est particulièrement réussi, Diane nous quitte avec des points de suspension mais avec le bonheur à l’horizon et c’est la meilleure fin qu’on puisse donner à une œuvre contemporaine.

Sincèrement je découvre cette auteur avec éloge, je suis vraiment époustouflée par sa plume et son style. Elle nous partage ses connaissances sur un autre pays et j’ai trouvé ça merveilleux. Cette duologie est peut-être courte et précipité, toujours est-il qu’elle vend du rêve sans pour autant embellir les paysages ou tout le reste. Agnès Martin-Lugand est une écrivain naturelle, riche en savoir géographique et en évolution sur les personnages ; elle rend l’histoire tout à fait réelle et plausible.

Je me suis jetée sur ce second volume pour une bonne raison, l’histoire d’amour brève entre Diane et Edward est intrigante. Et la révélation dans ce tome au sujet de ce bel homme Irlandais est pour ainsi dire stupéfiante, je suis restée sous le choc pendant quelque seconde. « La vie est facile, ne t’inquiète pas » est indispensable après la lecture de « Les gens heureux lisent et boivent du café », deux livres se complétant tout en étant différents. Diane n’est plus dépressive, elle est plus forte et indépendante. Seul bémol, Olivier gâche en partie la synopsis, celui-ci protège notre héroïne au point de la faire paraître fragile et Félix n’est plus tout à fait lui-même, un peu sur la défensive et sur le dos de sa meilleure amie. Un coup de cœur, peut-être moins profond et intense que pour le premier, cependant cette suite est légèrement bouleversante dans l’acceptation de Diane envers les enfants après avoir perdue Clara ; dans les retrouvailles parfois dures, de temps en temps douces et surtout provoquant un tourbillon dans l’âme, le cœur et l’existence de Diane. Mais la vie n’est pas facile comme le prétend le titre, la vie est ce qu’elle est et elle doit être vécue sans questionnement, il faut savoir se laisser aller.


Note :
10/10.

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