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26 août 2017

Nos faces cachées.


COUP DE COEUR ♥.

Titre : Nos faces cachées.
Auteur : Amy Harmon.
Genre : Romance.
Edition : Robert Laffont.
Collection : R.
Nombre de pages : 434 pages.
Prix : 17.90€.


Résumé :

 Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l'on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu'il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu'à ce qu'il cesse de l'être...

Nos faces cachées est l'histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L'histoire d'amour d'une jeune fille pour un garçon brisé, d'un guerrier pour une fille ordinaire.
L'histoire d'une amitié profonde, d'un héroïsme du quotidien bouleversant.
Un conte moderne qui vous rappellera qu'il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous...


Extrait :

 Si Dieu façonne nos visages, a-t-il ri quand il a créé le mien ?
Façonne-t-il des jambes qui ne marchent pas et des yeux qui ne voient pas ?
A-t-il bouclé les cheveux sur ma tête jusqu'à ce qu'ils se rebellent sauvagement ? 
Clot-il les oreilles du sourd pour le rendre dépendant ? 
Mon apparence est-t-elle un hasard ou un mauvais coup du destin ?
S'il m'a façonnée, ai-je le droit de le détester pour tout ce que je n'aime pas chez moi ? 
Pour les défauts qui s'aggravent chaque fois que je me contemple dans un miroir,
Pour ma laideur, pour le mépris et pour la peur ? 
Nous sculpte-t-il pour son plaisir ou pour accomplir un dessein qui m'échappe ?
Si Dieu façonne nos visages, a-t-il ri quand il a créé le mien ?

+

 - Je t'ai fait du mal, n'est-ce pas, Fern ?
Elle hausse ses frêles épaules en souriant mais son sourire est tremblant et elle a les yeux qui brillent. Il est facile de voir que, trois ans plus tard, le souvenir est toujours douloureux.
- Je t'ai fait du mal, répète-t-il d'une voix que le remords et la prise de conscience teintent de regret.
Fern tend la main vers lui et la pose sur sa joue mutilée.
- Tu ne me voyais pas, c'est tout.
- J'étais aveugle à l'époque, répond-il en caressant une boucle qui ondule sur son front.
- En réalité, c'est maintenant que tu es aveugle, le taquine doucement Fern, qui cherche à alléger sa culpabilité par l'humour. C'est peut-être pour ça que tu m'aimes bien.
Elle a raison. Il est à moitié aveugle, mais malgré ça, ou peut-être grâce à ça, il voit les choses avec plus de clarté que jamais auparavant.


Avis :

 Je n'ai pas pu rester insensible à cette histoire qui m'a totalement mise en lambeaux ; il y a des passages tristes, désespérés et philosophiques où je n'ai pu retenir mes larmes ; des moments d'espoir et de bonheur qui m'on fait sourire et rire ; des instants de courage, de bonté qui m'on fait battre le cœur. Ce n'est pas seulement une histoire d'amour ou un conte moderne, c'est bien plus que ça. Le roman m'a fait réfléchir sur la superficialité, il montre les croyances en Dieu et le besoin d'être un patriote, c'est aussi un livre sur la reconstruction de soi par l'amitié et l'amour.

Ambrose Young est un garçon de dix-huit ans, beau comme un dieu. Il est très doué pour un sport : la lutte. Rien que pour ce qu'il fait, il sort du lot des personnages ordinaires. En plus de ça, c'est un homme qui souhaite s'engager pour son pays et il entraîne ses amis avec lui. Malheureusement sa beauté va être détruite et il va se sentir perdu et démuni mais surtout beaucoup de culpabilité va lui peser sur les épaules. Au moment de l'attentat du 11 Septembre 2001 c'est là qu'il remet sa passion entre parenthèse, il n'est plus le même et il veut devenir quelqu'un d'autre ; pas seulement le meilleur lutteur de Pennsylvanie. Ce qui m'a plu c'est son intelligence, sa façon de voir les choses, ses erreurs ; la réalité de sa personnalité est formidable et il ne change aucunement durant la synopsis, il reste lui-même du début à la fin malgré son désespoir d'avoir perdu sa beauté. D'ailleurs c'est surtout ça qui m'a touché chez lui, il a peur de ne plus être aimé et c'est un brise-cœur de pouvoir penser ça ; je me suis mise à sa place et ce sont des réflexions percutantes : La beauté ou l'intelligence ? Et si les deux pouvaient être possibles ? Franchement c'est l'un des meilleurs personnages masculins que j'ai pu rencontrer dans la littérature jusqu'à aujourd'hui tout simplement parce qu'il n'est pas parfait mais il n'est pas méchant ; c'est simplement un jeune homme qui a essayé d'être meilleur, un adulte pleins de culpabilité et d'amour à revendre.

Fern Taylor est une fille ordinaire, pourtant je me suis énormément retrouvée dans son personnage. Elle aime se noyer dans les romances littéraires au point d'imaginer qu'elle aussi peut avoir ce genre d'histoire, elle n'est pas « belle » mais pas « moche » non plus. Elle aime prendre soin des gens, en particulier de son cousin malade. Elle est amoureuse depuis ses dix-ans de l'unique Ambrose Young ; mais il est inaccessible pour elle, simple fille de pasteur et loin d'être séduisante. Je me suis réellement attachée à elle, c'est quelqu'un de bien et qui me ressemble dans beaucoup de point et c'est pour cette raison que je me suis sentie très proche d'elle et de son caractère ; elle est naturelle, pleine de vie et rêveuse – elle est tout aussi intelligente qu'Ambrose, elle veut devenir écrivaine, comme moi. – Elle aime la beauté comme tout le monde, mais quand elle revoit Brosey, malgré sa surprise elle n'est pas dégoûté au contraire elle l'aime encore plus. Son manque de confiance en elle ainsi le fait qu'elle ne réalise pas qu'elle a changé depuis ses dix-huit ans et qu'à vingt-et-un ans elle est magnifique fait tout son charme.

Bailey ; je crois que sans lui l'histoire n'aurait pas eu le même intérêt. Il est atteins de myopathie de Duchenne de Boulogne ; en vérité c'est la première fois que j'entends parler de cette maladie et ça m'a plus que surprise et touché que l'auteur en fasse un sujet très important dans ce livre. Au fond Bailey est presque comme tout le monde sauf qu'il a une vision sur la vie bien différente, il est aussi très drôle et c'est quelqu'un de gentil – L'affection que j'ai ressenti pour lui n'a fait que grandir au fil des pages et son protagoniste est très bien développé, j'ai eu l'impression de le connaître depuis toujours et c'est très étrange mais absolument fabuleux de pouvoir avoir ce genre de sensation avec un héros d'un roman.

De nombreux protagonistes mais il y a seulement Mike, le père de Bailey et l'entraîneur de lutte ; Angie la mère de Bailey et la tante de Fern ; Rachel la mère de Fern et Joshua le père de Fern mais aussi le pasteur de Hannah Lake ainsi qu'Elliott le père d'Ambrose qui ont une grande importance dans cette œuvre. Sans eux il n'y aurait peut-être pas la même philosophie :

« La victoire est dans la lutte. » - C'est ce que dit le coach ; Mike Sheen.
« Parfois, la beauté, ou son absence, se met en travers du chemin et empêche de savoir qui est vraiment la personne que nous avons en face. » - Voici la façon dont Joshua Taylor voit les choses.

Ce qui prouve que sans eux, cette psychologie ou leur point de vue sur la vie et l'univers sont très pertinents, ils ne manquent pas de réflexion.
Et puis il y a aussi des références à Shakespeare ; elles mettent du baume au cœur et elles sont un peu un modèle pour le roman tout comme Hercule ou encore la Belle et la Bête.

« L'amour n'est pas le jouet du Temps, bien que les lèvres et les joues roses soient dans le cercle de sa faux recourbée ; l'amour ne change pas avec les heures et les semaines éphémères, mais il reste immuable jusqu'au jour du jugement. » –  Ça correspond parfaitement à l'histoire et les autres phrases aussi ; j'apprécie ce genre de petit hommage, en plus ça donne encore plus envie de connaître Shakespeare. C'est un très bon choix de l'avoir utilisé.

La relation entre les deux protagonistes principaux est assez spéciale ; ils m'ont ému avec leur façon de s'apprivoiser et de se connaître. Leur seule différence c'est le physique – Elle est simple et il est canon ou elle est séduisante et lui défiguré. – Pourtant ensemble ils sont uniques et ils m'ont fait rêver. Ce que j'aime par-dessus tout c'est leur état d'esprit et leur profondeur de pensée, ils vont s'aider et s'aimer mutuellement et tomber amoureux sans aucune précipitation.

À mon avis ce n'est ni de la Young-Adult, ni de la New-Adult – C'est un mélange des deux. Mais c'est aussi un conte moderne et un roman philosophique et psychologique. Les protagonistes sont de jeunes adultes et ils cherchent a se construite ou a se reconstruire après des pertes et des désillusions ; le message du livre c'est « L'essentiel n'est pas de tomber mais de se relever. » mais aussi de s'accepter tel qu'on est et de croire en soi.

La synopsis est plus que passionnante malgré un début en longueur et très ordinaire, surtout que le résumé révèle très peu de choses sur le récit donc la surprise est de mise ! Les rebondissements commencent réellement un peu après le bal de fin d'année et même un peu avant. Ambrose part à la guerre avec ses quatre amis : Paul, Grant, Beans et Jesse. En attendant Fern reste à Hannah Lake, pour être près de Bailey et pour écrire ses romans à l'eau de rose en oubliant aucunement son amour pour le lutteur. Et puis tout va basculer et tout va changer, c'est là que le mystère et l'originalité ainsi que les mots profonds s'installent aussi durement qu'une pierre qui s'écrase sur le cœur du lecteur.

Les sentiments ; rien que d'y penser ça me donne des frissons tellement j'ai pu pleurer. Je ne crois pas avoir pleuré autant pour un roman, sincèrement. Au jour d'aujourd'hui, après ma lecture donc ; je sais que dorénavant c'est l'œuvre littéraire que je préfère juste pour le nombre de fois où j'ai eu une boule dans la gorge, le cœur compressé et les yeux brillants d'espoir ou de larme ; au fond je ne savais plus où mettre toutes ces émotions puisque je les ai reçus d'un coup, jusqu'aux tripes et c'est palpitant de ressentir autant de choses à la fois avec une histoire. Une boîte ou une bombe à émotion, pour commencer cette lecture sublime il faut être absolument équipé de mouchoirs !

Amy Harmon c'est de la poésie ; des phrases qui m'ont donnés a réfléchir, des mots qui ont glissés sur ma personne et ma sensibilité, ils m'ont transporté et emmenés très loin ; pas dans son univers dès lors que cette histoire peux être réaliste jusqu'au bout, c'est plutôt un miroir ce roman – Des gens peuvent comprendre totalement le sens de la culpabilité et des pertes, des personnes sont allées combattre comme Ambrose et c'est ça qui est tout simplement magnifique : d'imaginer quelqu'un dans le monde qui a vécu ça et qui s'en est sorti, de se mettre à la place des héros de l'ouvrage. Autant elle fait de belle description, autant j'apprécie qu'elle ait mis des flash-back pour qu'on se sente encore plus proche si c'est possible des personnages. Ce genre de plume est très rare, celle où tout est réuni ; l'intensité, la fluidité, les secrets qui sont tenues pendant toute la synopsis, le frisson et les raisonnements.

Avant de conclure complètement cet avis positif ; j'ai une grande remarque à faire : La photo d'Hercule que Bailey montre à Ambrose celle où est dit « Le visage d'un héros ». – Je pense que la couverture du roman y est liée et c'est extraordinaire de pouvoir lire un roman où ceci est réalisé. Ça démontre vraiment qu'au fond la jaquette a également sa nécessité.

Les thèmes abordés sont divers et ont réellement une valeur. La relation entre Ambrose et Fern est pleine de magie – Bailey est reste tout de même le protagoniste que j'affectionne le plus, même si Brosey est celui qui m'a fait vibrer. L'émotion est forte, puissante et parfois c'est tout son contraire, elle est subtile et naturelle. C'est un roman qui porte sur la honte, les pertes, la culpabilité, l'amitié, l'amour et bien évidemment le patriotisme et la superficialité ; la beauté ou l'intelligence ? C'est le vrai questionnement de ce livre. Il y a des touches de mystère et même si c'est de la romance et que c'est déjà-vu et revue, il y a une grande authenticité dans cette histoire, j'ai été peut-être émue par celle-ci ; la façon dont le récit est écrit et raconté. Il dépasse largement « Nos étoiles contraires. » de John Green ; « Nos faces cachées. » d'Amy Harmon est bien plus recherché et approfondis, son don est de pouvoir mettre autant de remarques sur l'existence sans compter son écriture additive et aérienne. Un coup de cœur, une perle littéraire faite de beauté et d'humanité.


Note :
10/10.

1 commentaire:

  1. J'ai adoré ce roman aussi ! Il est pleins d'émotions, l'histoire est top, le style est fluide... Bref, je pourrais le lire et relire indéfiniment !

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