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24 août 2022

Les oubliés du dimanche.


Titre : Les oubliés du dimanche.
Auteur : Valérie Perrin.
Genre : Contemporain.
Edition : Albin Michel.
Nombre de page : 379 pages.
Prix : 19.50€.


Résumé :

 Justine, vingt et un ans, aime les personnes âgées comme d'autres les contes. Hélène, presque cinq fois son âge, a toujours rêvé d'apprendre à lire. Ces deux femmes se parlent, s'écoutent, se révèlent l'une à l'autre jusqu'au jour où un mystérieux « corbeau » sème le trouble dans la maison de retraite qui abrite leurs confidences et dévoile un terrible secret. Parce qu'on ne sait jamais rien de ceux que l'on connaît.


Extrait :

 - Tu fais quoi ?
Je sursaute. Jules m'a fait peur. Je referme le cahier bleu.
- J'écris.
- Tu te prends pour Marguerite Duras ?
- D'où tu connais Marguerite Duras ?
- Un cours de français. J'ai trouvé ça chiant. J'espère que t'écris pas comme elle.
- Aucun risque. Ouvre la fenêtre.
- T'es de mauvais poil ?
- Nan. Tu sais que je supporte pas que tu fumes dans ma chambre.
- C'est surtout que je fume que tu ne supportes pas... T'es pas ma mère.
Jules ouvre la fenêtre et se penche en avant. Il fait un peu la gueule. Alors, je dis :
- Hier soir, il y a eu un nouveau coup de téléphone anonyme aux hortensias.
Il se retourne, je ne vois pas ses yeux.
- C'est quelle famille ?
- Va falloir que t'ailles chez le coiffeur. Celle de Gisèle Diondet. La toute petite dame avec des cheveux violets qui était mercière. Je t'en ai parlé la semaine dernière.
- Me rappelle.
- Avant, elle passait beaucoup de temps dans la salle des cartes et elle participait à tous les ateliers. Mais depuis le début de l'été, elle bloque avec les autres à la réception. Alors elle était là quand sa famille est arrivée à l'accueil avec les yeux rouges et des habits sombres.
D'une pichenette, Jules balance son mégot par la fenêtre. Demain matin, pépé le ramassera dans le jardin en bougonnant. Puis il le mettra dans une bassine d'eau avec les autres, une eau qu'il utilisera pour arroser ses rosiers et tuer les pucerons.
Il revient s'asseoir sur mon lit.
- Et ils ont dit quoi, la famille, quand ils l'ont vue... vivante ?
- Imagine le choc pour eux. Mais je pense qu'ils ont été un peu déçus.
- Comment ça, déçus ?
- Quand les vieux passent l'arme à gauche, ça veut dire fin de la culpabilité. C'est compliqué. C'est du chagrin qui se mélange à du soulagement.
- Et la petite vieille, elle a dit quoi quand elle les a vus 
- Au début, elle ne les a pas reconnus, mais elle était quand même contente. Surtout qu'à midi ils l'ont emmenée au restaurant. Tu sais, ça arrive souvent avec les anciens. Sur le coup, ils ne sont pas aimables avec la famille, mais après les visites, y a quelque chose qui change. Ils sont moins angoissés. En tout cas cet après-midi, Gisèle est retournée dans la salle des cartes. Ça faisait trois mois qu'elle n'y avait pas mis les pieds.
- Tu vois, ça sert à quelque chose ce truc anonyme.
- Tout à l'heure, madame Le Camus nous a tous convoqués pour nous annoncer que des policiers allaient enquêter intra-muros (j'imite sa voix pour faire sourire Jules) pour résoudre le mystère des coups de téléphone anonymes.
Mais Jules ne sourit pas.
- Il va y avoir des vrais inspecteurs et tout ?
C'est moi qui me mets à rire.
- Tu parles, c'est Starsky et Hutch qui sont sur l'affaire !

18 août 2022

Les yeux couleur de pluie, Tome 2 : Entre mes doigts coule le sable.


Titre : Les yeux couleur de pluie, Tome 2 : Entre mes doigts coule le sable.
Auteur : Sophie Tal Men.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 313 pages.
Prix : 7.70€.


Résumé :

 Pas facile de concilier médecine et vie privée quand on est interne à l'hôpital ! Marie-Lou - qui a quitté sa Savoie natale pour Brest - et Matthieu - le ténébreux surfeur - sont tombés amoureux au premier regard. Mais entre leurs stages en psychiatrie et en neurochirurgie, les nombreuses gardes à effectuer, les apéros au Gobe-mouches et les fêtes carabines, leur histoire d'amour n'est pas un long fleuve tranquille. C'est plutôt la valse des sentiments... surtout quand leurs proches deviennent leurs patients. Matthieu parviendra-t-il à vaincre ses peurs et à laisser Marie-Lou entrer dans sa vie ? Marie-Lou apprendra-t-elle à laisser glisser le sable entre ses doigts ?


Extrait :

 Avec l'aide d'Éric, j'ai appris petit à petit à apprivoiser Tournos et je me sens de plus en plus à l'aise avec lui. J'aime sa bienveillance et son écoute attentive. Son respect des patients, ses analyses justes et fidèles de leur pathologie. Est-il moins exubérant qu'il n'y paraît ? Ai-je décrypté ses codes ? Peut-être les deux. Le premier jour, je l'ai vouvoyé, ce qui l'a fait pester. Le deuxième, j'ai évité le « tu ». Le troisième, j'ai pris le plu anglo-saxon et le quatrième, je l'ao appelé Hubert le plus simplement du monde.
- Marie-Lou s'est bien fait rembarrer tout à l'heure, déclare Éric en me voyant arriver. Tu aurais vu ça, Hubert.
Tournos hausse les épaules et m'interroge du regard.
- Je ne sais plus quoi répondre au gastro-entérologue, finis-je par marmonner. Grégoire Philbert ne peut pas avoir des fibroscopies toutes les semaines, ce n'est pas possible. Je ne sais plus quoi faire. Supprimer toutes les fourchettes du service ? Je suis sûre qu'il trouverait autre chose. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi... Pourquoi se fait-il du mal ? Pourquoi de cette manière-là ?
La visage d'Hubert s'anime de rictus incessants.
- Grégoire est très anxieux depuis quelques semaines. Le décès de son père l'a complètement déstabilisé. C'est sa façon de calmer ses angoisses.
- En avalant des couverts ?
- Oui... C'est une automutilation comme une autre. Il cherche à se faire du mal. Ses idées délirantes lui paraissent insurmontables, il ne reconnaît plus le monde dans lequel il vit. Ça s'impose à lui brusquement et il passe à l'acte.
- Et on fait quoi ? À court terme ?
- Ha ha ha ! Marie-Lou et ses réflexes d'urgentiste !
Je ne vois vraiment pas ce qui le fait éclater de rire. Je ne vais quand même pas le laisser s'exploser le ventre toutes les semaines ?
- On le rassure, on le recadre, continue-t-il. Bref, on poursuit notre travail de longue haleine.
J'aspire doucement ma gorgée de thé chaud en écoutant mon maître-penseur et tourne en boucle sa dernière phrase dans ma tête : « un travail de longue haleine... »
- Chi va piano va sano, comme dirait mon grand-père.
Hubert me sourit comme si j'avais tout compris.
- Rien ne sert de courir, il faut partir à point, aurait dit le mien, ajoute-t-il.

12 août 2022

En voiture, Simone !


Titre : En voiture, Simone !
Auteur : Aurélie Valognes.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 241 pages.
Prix : 7.20€.


Résumé :

 Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et... trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu. Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s'incruste. Mélangez, laissez mijoter... et savourez !


Extrait :

 Ils étaient tous arrivés. Nicolas et Jeanne en même temps qu'Alexandre et Laura. Cela en faisait du monde. La longue table de cuisine était dressée pour dix. Les deux jeunes garçons étaient déjà assis et engloutissaient les pâtes à la bolognaise de leur grand-mère. Posté à un angle, le jack russel de Laura guettait la moindre opportunité de grappiller un peu de nourriture.
- À table tout le monde ! cria Martine. C'est prêt et ça va refroidir.
- On ne prend pas l'apéro ? Pour fêter les vacances ? proposa Jacques.
- Pas midi et soir, papa, lui rappela Nicolas. N'est-ce pas, maman ? Jeanne, tu termines ta cigarette, on passe à table !
- Fumer avant de manger... On aura tout vu ! Ça tue le goût et ça va finir par être un handicap dans son métier, insista Jacques en observant sa belle-fille, dehors sous le crachin breton.
- À sa décharge, tout le monde fume au restaurant. Mais il pue, ce chien ! remarqua Nicolas.
- Ah, merci ! fit Jacques. C'est une vraie infection, je suis d'accord. Si tu pouvais le dire à Laura pour qu'elle le fasse sortir de la cuisine, tu nous sauverais. Si c'est moi qui le demande, je vais encore me faire envoyer balader.
Stéphanie entra dans la cuisine et mit les mains sur sa bouche.
- C'est quoi cette odeur ? On dirait que quelqu'un a vomi !
- On soupçonne le chien, avança Jacques, content, pour une fois, de trouver en Stéphanie une alliée potentielle.
- De toute façon, ce n'est pas hygiénique, un chien dans une cuisine, enchaîna Nicolas.
- Laura, il pue ton chien ! lança Stéphanie. Tu ne l'as jamais lavé ou quoi ? J'ai envie de vomir. Je suis désolée, mais il ne reste pas dans la cuisine. Allez, oust, Jack ! ordonna-t-elle en le poussant du pied.
Laura saisit l'animal pour le collier et le fit sortir à contrecœur de la cuisine. Quand elle revint, Jacques lui demanda :
- Pourquoi « Jack » déjà ?
- Et pourquoi pas ? Vous êtes content : j'ai mis le chien dans la pièce du fond...
- Moi, je n'ai rien dit ! se défendit Jacques. À table, tout le monde ! On va encore manger froid sinon.
- Ne crie pas, papa, on est tous là, fit observer Matthieu.
- Eh bien asseyez-vous, si vous êtes prêts. Il n'y a pas de plan de table, on n'est pas chez les Rothschild. Voilà, on va commencer à manger et les petits ont déjà fini ! remarqua Jacques, irrité. Servez-vous en asperges ! Mais où est passée Martine maintenant, il ne manque plus qu'elle. Martiiiiiiiiiiiiiine !
- Je suis là, ce n'est pas la peine de crier. J'étais allée chercher la bouteille de vin. Jeanne, tu nous expliques ce que tu as apporté ?
- Alors c'est un petit vin italien, un chianti, cépage sangiovese principalement. Il ira très bien avec la sauce tomate.
- Merci Jeanne. Stéphanie, je ne t'en propose pas ? tenta Jacques.
- Non merci, ce serait avec plaisir, mais je n'ai vraiment pas le droit.
- Vous avez vu ! continua Jacques, à une lettre près, chianti, ça s'écrit comme chiante... Tu as vu, Stéphanie ?
- Pourquoi vous me dites ça à moi ?
Sans même répondre, il se tourna vers son autre bru :
- Laura ? Il semble être sans sulfites. Tu en veux ? Tu ne prends pas d'asperges ? Elles sont bio pourtant. Martine est allée les acheter chez Biocoop spécialement pour toi.
- Non, merci, je n'aime pas les asperges, précisa Laura.
- Mais qu'est-ce que tu aimes, comme fruits et légumes ? Que l'on sache une bonne fois pour toutes... Si je me souviens bien, tu n'aimes pas la betterave, le kiwi, et maintenant les asperges. Ce n'est pas un peu contraignant quand on est végétarienne ?
- Ce n'est pas tout à fait ça. Le kiwi, je suis allergique.
- Moi, j'ai entendu dire qu'il y avait des allergies croisées entre le kiwi et le latex, dit Jeanne. C'est vrai, Laura ?
Laura devint toute rouge. Nicolas donna un grand coup de pied sous la table à Jeanne.

22 juin 2022

Là où tu iras j'irai.


Titre : Là où tu iras j'irai.
Auteur : Marie Vareille.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 348 pages.
Prix : 7.70€.


Résumé :

 Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d'actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d'épouser l'homme qu'elle aime, sous prétexte qu'elle ne veut pas d'enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu'on lui propose : se faire passer pour l'irréprochable nanny du petit Nicolas, qui n'a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d'infiltrer sa famille et d'y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l'Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d'imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Extrait :

 Pourquoi faire des choix quand on peut tout se payer ? Elle leva un bras enthousiaste à l'intention du serveur.
- Una pina colada e un bellini, per favore.
Le jeune homme nota sa commande et s'éloigna : Isabelle eut un soupir d'aise. C'était donc ça, être riche. Quelques minutes plus tard, ses deux cocktails étaient arrivés sur la table.
Isabelle aspira une longue gorgée de chaque verre avec un sourire réjoui et entreprit de regarder avec nostalgie les photos de Woody-Allen qu'Amina lui envoyait quotidiennement.
- Vous prenez toujours les cocktails par deux ?
Elle leva un visage étonné vers l'homme qui venait de parler. Jan Kozlowski se tenait devant elle, les mains dans les poches d'un smoking noir impeccable. Rasé de près dans sa tenue de gala, il avait abandonné son air de pirate.
- Je peux ? demanda-t-il en indiquant la chaise en face de celle d'Isabelle.
Sans attendre sa réponse, il s'y assit. Isabelle afficha un sourire crispé.
- Excusez-moi, je ne pensais pas vous croiser ici.
- Moi non plus, répondit Jan, une lueur ironique dans ses yeux bleus.
- Nicolas est couché, j'avais juste besoin de prendre l'air...
- Ne soyez pas mal à l'aise, vous êtes libre de vos soirées.
Elle hocha la tête vigoureusement pour confirmer. Nanou avait bien spécifié que son seul soir libre serait le samedi soir, mais, si Jan n'était pas au courant, ce n'est certainement pas elle qui allait le lui rappeler.
- La même chose, dit-il au serveur qui venait prendre sa commande, apportez-moi un cendrier et ouvrez cette porte-fenêtre s'il vous plaît, je voudrais entendre le piano.
- Si, Signor Kozlowski.
- Le pianiste a peut-être froid, fit remarquer Isabelle un peu choquée par cette démonstration d'autorité.
Il prit le temps d'allumer une cigarette avant de répondre, amusé :
- Il fait vingt-cinq degrés.
Isabelle entreprit de mordiller sa paille avec une nervosité grandissante tout en cherchant un sujet de conversation.
- On ne vous voit plus du tout à la villa. Je me demandais même si vous étiez rentré en France.
- Je dors à l'hôtel, les enfants m'empêchent de me concentrer.
Un enfant muet et deux adolescentes qui passent la journée scotchées à leur téléphone, je comprends que le bruit soit insoutenable...
- Vous sortez toujours en smoking ? demanda-t-elle avec curiosité.
- J'étais à une soirée de remise de prix pour un festival de courts-métrages. À crever d'ennui. Colombe est restée : contrairement à moi, elle se sent très à l'aise à ce genre d'événements.
Un silence s'installa et Isabelle avala nerveusement deux longues gorgées de cocktail pour se donner une contenance. Jan fumait, les yeux perdus de l'autre côté du lac, l'air absent.
- C'est vraiment joli ici, dit-elle.
Il sembla ne pas l'entendre.
- Vous n'êtes pas très bavard, poursuivit Isabelle avec un petit rire qui sonnait faux.
Il tourna la tête vers elle et l'intensité de son regard d'acier fit baisser les yeux à la jeune femme.
- Et vous, vous avez peur du silence.
- Pas du tout. Pourquoi dites-vous ça ?
- Cela m'a frappé déjà la première fois que je vous ai vue : vous parlez dès qu'il y a un blanc.
- Vous m'êtes tombé dessus en plein milieu de la nuit ! se défendit Isabelle.
Sa façon de l'examiner sous toutes les coutures comme s'il lisait en elle la rendait nerveuse. Il pencha la tête sur le côté.
- Je ne parlais pas de cette fois-là, je parlais de la première fois : votre essai pour Au petit bonheur la chance.

12 mars 2021

Juste quelqu'un de bien.


Titre : Juste quelqu'un de bien.
Auteur : Angéla Morelli.
Genre : Contemporain.
Edition : Harlequin.
Collection : &H.
Nombre de page : 331 pages.
Prix : 14.90€.


Résumé :

 À trente-quatre ans, Bérénice n'a plus aucune certitude. Tout ce qu'elle croyait savoir sur la vie a pris l'eau, elle multiplie les amants, mais ne tombe jamais amoureuse et, cerise sur le gâteau, voilà qu'elle n'arrive plus à écrire une ligne, alors que l'écriture est sa raison d'être. Heureusement, elle peut compter sur les trois femmes de sa vie : sa mère et sa grand-mère, avec qui elle partage une jolie maison cachée au cœur de Paris, et Juliette, son amie d'enfance. Mais ça ne suffit plus.

Bérénice n'a donc plus le choix. Elle doit enfin affronter les questions qu'elle a toujours refusé de se poser et accepter de faire une place... aux hommes de sa vie. En commençant par son père, dont elle ne sait rien, et par Aurélien, un homme surgi du passé, qu'elle vient de croiser et qui ne l'a pas reconnue.


Extrait :

 Arthur était en train de colorier la mer lorsqu'on toqua à sa porte.
Bérénice ne put s'empêcher de tressaillir.
- Ça doit être ton papa.
Elle essaya de faire taire son trac durant le très court trajet qui la séparait de l'entrée, mais ce fut peine perdue : la main qu'elle posa sur la poignée tremblait légèrement. Elle prit une profonde inspiration et ouvrit, en espérant à moitié que sa mère avait accompagné Aurélien.
Mais celui-ci était seul.
- Entrez, entrez, dit Bérénice sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Arthur, ton papa est là !
L'enfant se leva à son tour et s'approcha de son père, son dessin à la main.
- Qu'est-ce que tu as fait de beau ? demanda ce dernier en se penchant vers le garçonnet.
Arthur lui tendit la feuille.
- Mais c'est...
- Notre navire pirate, expliqua Bérénice. Nous nous sommes rendu compte que nous avions une passion commune pour L'Île au trésor.
Une lueur d'espoir s'afficha sur le visage d'Aurélien.
- Comment vous vous en êtes rendu compte ? Il vous l'a dit ?
- Non, répliqua Bérénice, qui lut de la déception sur le visage d'Aurélien, dont les traits s'affaissèrent légèrement. Mais il me l'a fait comprendre grâce à l'aide du Capitaine Haddock, pas vrai, bonhomme ?
Arthur hocha la tête.
- Le Capitaine Haddock ? demande Aurélien, perplexe.
Bérénice fit un geste en direction de la cage.
- Mon perroquet.
Comme s'il avait compris qu'on parlait de lui, le volatile gonfla le jabot, s'agita d'une patte sur l'autre et cria :
- À l'aborrrdaaaage ! À l'aborrrdaaaage !
- Un perroquet de pirate, commenta Aurélien, et son sourire de guingois étira ses lèvres.

24 févr. 2021

La délicatesse du homard.


Titre : La délicatesse du homard.
Auteur : Laure Manel.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 346 pages.
Prix : 7.70€.


Résumé :

 François, directeur d'un centre équestre en Bretagne, découvre, lors d'une promenade à cheval sur la plage, une jeune femme inconsciente au pied d'un rocher.
Plutôt que d'appeler les secours, il décide sans trop savoir pourquoi de la ramener chez lui pour la soigner. À son réveil, l'inconnue paraît en bonne santé, mais peu encline à parler. Elle dit s'appeler Elsa mais refuse de répondre à ses questions. Commence alors entre le célibataire endurci et cette âme à vif une étrange cohabitation, où chacun se dévoile peu à peu à l'autre sans pour autant totalement révéler les secrets qui le rongent. Et même si le duo en s'apprivoisant s'apaise, leur carapace peine à se fendre.
Qui est Elsa et quelle vie est-elle en train de fuir ?
Un roman à deux voix. Deux voix qui se racontent, et se taisent. Deux voix qui laissent place aux pas des chevaux, au vent qui plie les herbes sur la dune, au ressac sur le rivage et aux souvenirs échoués sur le sable.


Extrait :

 Au début du repas, elle me relate son aventure du jour avec force détails. Son enthousiasme discret me fait plaisir. J'ai face à moi quelqu'un de différent d'il y a quelques jours.
- En fait, j'ai envie de vous poser des questions, mais je n'ose pas car je vous ai interdit de m'en poser..., me glisse-t-elle.
Je souris.
- Lesquelles, par exemple ?
- Votre âge...
- Trente-sept ans.
- Votre situation matrimoniale.
- Célibataire. Sans enfant.
J'omets de dire que je suis divorcé. J'omets de dire que j'en ai eu une. Je n'ajoute pas « Votre Honneur » au bout de ma phrase : je ne sais pas si elle apprécierait, et j'ai envie d'être sérieux.
- Célibataire ? Mais hier soir...
Sa curiosité, non dénuée d'aplomb, m'amuse.
- Célibataire, mais pas chaste. Ça vous va comme réponse ?
Elle sourit, mais je lis sur son visage l'ombre d'une inquiétude.
- Ça vous choque ?
- Non, bien sûr que non. Je ne suis pas coincée...

7 août 2020

Minute, Papillon !


Titre : Minute, Papillon !
Auteur : Aurélie Valognes.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 297 pages.
Prix : 7.70€.


Résumé :

 Rose, 36 ans, mère célibataire, est une femme dévouée qui a toujours fait passer les besoins des autres avant les siens. Après avoir perdu son père et son emploi, la jeune femme apprend que Baptiste, son fils unique de 18 ans, quitte la maison. Son monde s'effondre. Cette ex-nounou d'enfer est alors contrainte d'accepter de travailler comme dame de compagnie pour une vieille dame riche et toquée, Colette, et son insupportable fille, la despotique Véronique.
Et si, contre toute attente, cette rencontre atypique allait changer sa vie ?


Extrait :

 Revenue observer le désarroi de Rose, Colette suggéra timidement :
- Vous avez essayé dans la cabine de cryo de ma fille ? Au fond de son dressing ?
- Vous pensez que j'ai le droit ?
- Non. Vous ne faites uniquement que ce que l'on vous autorise ? Votre vie doit être bien triste...
Tu l'as dit, bouffi !
Rose lança un regard intéressé à la vieille dame et courut installer ses surgelés, sous le regard sévère du petit Loulou de Poméranie.
- Arrête de me grogner dessus, Xanax, sinon je t'y mets aussi ! Je ne fais rien de mal, là ! Je m'assure que la cabine à froid de madame fonctionne encore. Mais comment fait-elle pour y rester plus de dix secondes ? On dirait une chambre froide pour gros morceaux de viande, voire pire... Et toi, arrête de me coller si tu ne veux pas finir en Mister Freeze !
Installées dans la cuisine de Colette, les deux femmes étaient silencieuses, une tasse refroidie devant chacune d'elles. Rose avait bien tenté d'engager la conversation, mais Colette regardait au loin, comme absorbée par les carreaux de la crédence. Pour être particulière, Colette l'était vraiment : avec elle, c'était noir le jour, et blanc la nuit, ou inversement. À n'y rien comprendre. Rose tenta, à nouveau, de briser la glace :
- Vous savez, nous ne sommes effectivement pas obligées de nous parler. Mais cela ferait quand même passer le temps plus vite... Une semaine, ce n'est pas loin de 150 heures, tout de même ! Il faudrait faire un petit effort. Il fait un temps splendide, c'est dommage de rester enfermées. Votre fille m'a dit que vous avez tendance à déprimer...

5 août 2020

Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.


Titre : Le parfum du bonheur est plus fort sous la pluie.
Auteur : Virginie Grimaldi.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 409 pages.
Prix : 8.20€.


Résumé :

 « Je veux qu'on divorce. »
Il aura suffi de cinq mots pour que l'univers de Pauline bascule. Installée avec son fils de quatre ans chez ses parents, elle laisse les jours s'écouler en attendant que la douleur s'estompe. Jusqu'au moment où elle décide de reprendre sa vie en main. Si les sentiments de Ben se sont évanouis, il suffit de les ranimer. Chaque jour, elle va donc lui écrire un souvenir de leur histoire. Mais cette plongée dans le passé peut faire resurgir les secrets les plus enfouis.


Extrait :

 Après dîner, nous sommes tous allés nous promener en bord de mer. Nous avons mangé des glaces, mon père a pris un supplément chantilly, les petits ont fait du manège et une crise quand il a fallu en descendre, Jérôme et Romain ont fait du trampoline, attachés à des élastiques, c'était notre première sortie ensemble et elle était presque parfaite. Il ne manquait que Ben. Alors, au retour, quand j'ai vu que j'avais un appel manqué de sa part, j'y ai vu un signe. Et je l'ai rappelé sans attendre.
- Salut, Pauline !
- Bonjour, Ben. Tu m'as appelée ?
- Oui, ça fais plus d'une semaine que vous êtes partis, j'appelais pour prendre des nouvelles. Comment ça se passe ? Vous devez être tout bronzés ?
Sa voix est chaleureuse, presque amicale, loin de celle, mécanique et froide, qu'il utilisait ces derniers mois. Comme s'il était revenu après une longue absence.
- Jules s'éclate, il passe son temps à se baigner. Tu veux lui parler ? Il ne dort pas encore.
- Tu me le passeras après, mais raconte ! Elle est comment, la maison de la plage ?
- Elle est chouette, on a une vue magnifique et une grande piscine.
- Ça doit te faire bizarre, tu l'aimais tellement... Et tout le monde va bien ? Nonna ?
- Oui oui, elle va bien. Elle est contente de retrouver son Sud-Ouest.
- Et toi ? Comment tu vas ?

17 juil. 2020

Désolée, je suis attendue.


Titre : Désolée, je suis attendue.
Auteur : Agnès Martin-Lugand.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de page : 405 pages.
Prix : 7.60€.


Résumé :

 Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d'affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l'adrénaline est son seul moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s'inquiètent de son attitude. Peu importe les reproches, elle a simplement fait un choix, animée d'une farouche volonté de réussir. Mais le monde qu'elle s'est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé...


Extrait :

 J'étais face à un revenant, qui semblait aussi sidéré que moi.
- Yaël... c'est bien toi ?
Il avança dans ma direction. Il n'avait presque pas changé, si ce n'étaient les lunettes en écaille qui avaient fait leur apparition sur son nez légèrement tordu depuis qu'il se l'était cassé en faisant l'imbécile avec Adrien ; ça avait pissé le sang et avec les filles on avait joué les infirmières en l'accompagnant aux urgences. Le maillon manquant de la troupe s'était matérialisé là, sous mes yeux.
- Bonjour, Marc, lui dis-je, la voix blanche.
Personne n'avait plus prononcé ce prénom depuis bien longtemps. Moi, la première.
- On t'a cru mort ! sifflai-je avec ironie.
Ma remarque le toucha, il retira ses lunettes et passa sa main dans ses cheveux courts ; il avait toujours ce même châtain clair virant au blond avec le soleil. Il regarda en l'air, la respiration coupée, totalement désarçonné. Bien fait pour lui ! Il avait intérêt à s'armer de courage s'il comptait m'affronter. Puis il se frotta les yeux, ouvrit la bouche une première fois, sans rien dire, mais en bougeant les mains. Visiblement, il cherchait ses mots. Il ne fallait pas qu'il compte sur moi pour lui faciliter les choses.
- Yaël... si je m'attendais à ça...
- Tu n'as rien de plus à dire ! aboyai-je, mauvaise.
Ce cher Marc se liquéfiait à vue d'oeil. C'était tout ce qu'il méritait.
- Si... Pardon... Que fais-tu ici ?
La question à ne pas poser.
- Je m'abrite de la pluie.
- Merci la pluie de t'avoir envoyée ici, me dit-il, un grand sourire aux lèvres.

8 juil. 2020

Le fils prodigue.


Titre : Le fils prodigue.
Auteur : Danielle Steel.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de page : 352 pages.
Prix : 6.95€.


Résumé :

 Depuis leur plus jeune âge, Peter et son frère Michael se haïssent. Ils ont toujours été différents en tout point. L'un a fui sa famille et a quitté le Massachusetts pour travailler dans la finance à New York, l'autre s'est établi dans sa ville natale en tant que médecin et est devenu un citoyen apprécié et respecté de tous. Vingt ans plus tard, le fils prodigue revient. Contre toute attente, les relations fraternelles semblent s'être apaisées... jusqu'à ce qu'une série de décès, qui paraissaient naturels au départ, touche la ville et ses alentours. Et si l'un des frères était lié à l'affaire ?


Extrait :

 « À vingt ans, Bill en a eu marre ; il est parti. C'est peut-être mieux comme ça... Je crois qu'ils finiraient par se tuer. C'était l'enfer pour tout le monde quand Bill était à la maison. Même Lisa s'en mêlait, alors qu'elle adore son frère. Moi aussi, je l'aime. Je ne lui souhaite que le meilleur. Et le mieux pour lui, ce n'est vraiment pas de vivre ici.
Ainsi, Maggie était prête à se priver de son fils pour le bien de ce dernier. Peter en eut le coeur serré.
- Ça ressemble aux problèmes que j'ai eus avec Michael quand on était jeunes, fit-il remarquer.
- Non, c'est pire. Bien pire.
- Parfois, il n'y a pas assez de place pour deux mâles sur le même territoire. Chez nous, on était trois garçons, et j'étais clairement de trop. Je me sentais toujours en décalage avec mon père et mon frère, alors je suis parti, moi aussi. Il fallait que je fasse mon trou ailleurs. J'ai réussi, et je suis certain que Bill s'en sortira parfaitement. Peut-être reviendra-t-il plus tard...
Peter tentait de redonner espoir à Maggie, mais il n'était lui-même guère convaincu.
- Mike est assez dur, quand il est énervé, observa-t-il.
 - Et Bill l'est encore plus, répondit-elle en souriant. Il est impitoyable avec son père. Et c'est toujours à mon sujet qu'ils se battent. Je n'ai pas envie qu'ils s'entre-tuent pour moi. C'est terrible de dire ça, mais ça a été un soulagement quand Bill est parti.
Peter ne put s'empêcher de se demander si sa mère avait ressenti la même chose à son propos. Il avait été une voix dissidente au sein de sa propre famille, en quête d'une justice qu'il n'avait jamais obtenue. Mais sa mère lui avait pardonné de s'être éloigné, comme Maggie le faisait avec Bill.

1 juil. 2020

Demain est un autre jour.


Titre : Demain est un autre jour.
Auteur : Lori Nelson Spielman.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de page : 441 pages.
Prix : 8.20€.


Résumé :

 Qu'avez-vous fait de vos rêves de jeunesse ?
Brett Bohlinger, elle, a un an pour le découvrir. Pensant hériter de l'empire cosmétique familial à la mort de sa mère, elle apprend que cette dernière, qui avait pour elle de tout autres projets, ne lui a légué qu'un vieux bout de papier : la liste de tout ce que Brett voulait vivre quand elle avait 14 ans. Si elle veut toucher sa part, la jeune femme doit réaliser chaque objectif de cette life list.
Enseigner ? Aucune envie. Un bébé ? Andrew, son petit ami, n'en veut pas. Tomber amoureuse ? C'est déjà fait, grâce à Andrew. À moins que...


Extrait :

 « Il faut que vous signiez ces rapports d'incidents, dit-elle en faisant un signe du menton vers la chaise. Vous feriez mieux de vous asseoir. Ça risque d'être long. 
Je me glisse sur une chaise en formica et je parcours le premier rapport.
« Vous devez être horriblement occupée, à gérer ces incidents toute la journée. »
Elle me dévisage par-dessus ses lunettes.
« Mademoiselle Bohlinger, vous avez envoyé plus d'élèves dans mon bureau aujourd'hui que la plupart des professeurs de cette école en une année scolaire. »
Je me crispe.
« Désolée.
- Je pense que vous avez bon coeur, dit-elle en hochant la tête. Je le pense vraiment. Mais votre sens de la discipline...
- Une fois que j'aurai pris l'habitude, ça ira mieux. » Mais bien sûr, oui. « Avez-vous eu des nouvelles de Mme Porter ? A-t-elle accouché ?
- Tout à fait. C'est une petite fille en pleine forme. » Mon coeur se serre mais je m'efforce de sourire.

28 juin 2020

Au petit bonheur la chance !


Titre : Au petit bonheur la chance !
Auteur : Aurélie Valognes.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 384 pages.
Prix : 8.20€.


Résumé :

 1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l'été. Pour toujours. Il n'a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n'est pas commode, mais dissimule un coeur tendre. Jean est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à des étapes différentes sur le chemin de la vie, Lucette et Jean vont s'apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.


Extrait :

 - Tu me fais peur parfois, mon petit. Si tout le monde allait au supermarché, qu'adviendrait-il de M. Lestrange le boucher, ou de Mme Ricin la boulangère. Et puis, je ne vois pas pourquoi on irait acheter nos légumes là-bas alors qu'on a la chance d'avoir les nôtres au potager. Tu sais combien d'année il m'a fallu pour obtenir une place ?
- Mille ans ?
- Pas autant. Mais on attendrait encore nos bintjes si je n'avais pas de bonnes relations avec Mme Bellanger, notre voisine du dessus. Elle travaille pour la ville et elle connaît tout le monde.
- En vrai, Mémé, je crois que j'en ai un peu marre de manger des patates tous les jours ! Moi, j'aimerais bien des oeufs en gelée ! On en avait parfois le dimanche, avec Maman. Et puis, le potager, c'est loin de chez nous, il faut jardiner, arracher les mauvaises herbes. Moi, j'aime bien quand c'est plus rapide.
- Qu'as-tu donc de si urgent à faire ? demande Lucette en soupirant devant de telle âneries. Tu cherches des occupations ? Tu veux venir au lavoir avec moi ? Demain, on passera la journée au potager avec Anita et tes cousins, et on verra si tu oses encore me dire que tu préfères le Codec.
- Au fait, Mémé, pourquoi tu n'as pas de frigidaire ?
- Parce qu'on n'en a pas besoin.
- Bah si quand même. Pour le beurre, le lait...
- Tu n'en as pas marre de toutes tes questions ? Moi, si.
Jean fait une moue boudeuse. Sa grand-mère l'ignore, mais, devant cet air de chien battu, elle finit par lui répondre, en soupirant :
- On n'a rien trouvé de mieux depuis le torchon humide sur le rebord de la fenêtre. Le réfrigérateur, c'est le début du gâchis.

24 juin 2020

La drôle de vie de Zelda Zonk, Tome 1.


COUP DE COEUR ♥.

Titre : La drôle de vie de Zelda Zonk, Tome 1.
Auteur : Laurence Peyrin.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de page : 446 pages.
Prix : 7.60€.


Résumé :

 Les jours s'écoulent, un peu trop calmes, un peu trop sages, pour Hanna Reagan, lorsqu'un grave accident de voiture la cloue sur un lit d'hôpital. La campagne irlandaise a ses charmes, ainsi que son romancier de mari, mais rien de pétillant comme sa voisine de chambre, une vieille dame malicieuse et mystérieuse répondant au nom de Zelda Zonk.
À ses côtés, et n'ayant rien d'autre à faire pendant sa convalescence, Hanna se prend à rêver d'une nouvelle vie, plus éclatante. Est-elle vraiment épanouie dans son hameau perdu, dans son mariage routinier ? Alors que Zelda lui conte son existence positive et joyeuse, Hanna se demande s'il est encore possible de changer la sienne...


Extrait :

 « Brésil, toussa-t-il, tendant la cigarette à Hanna.
- Quoi, le tabac ? s'esclaffa-t-elle.
- Non, ces jeunes gens. Ils sont brésiliens. »
Il avait été si empressé à satisfaire sa demande - comme si son état exigeait sur-le-champ de l'oxygène - que c'en était comique. Tirant sa première bouffée en riant, Hanna faillit s'en étrangler.
« Comment vous faites ? lui demanda-t-il. C'est vraiment dégueulasse, d'après mes souvenirs. »
Elle sentit le goudron lui dévaler la gorge en une coulée brûlante.
« Non, là, c'est bon, exhala-t-elle. C'est un instant parfait. »
Il eut l'air touché.
« Ah, fit-il. Et un instant parfait exige qu'on l'enrobe de substances toxiques ?
- Ne soyez pas moralisateur. Je vous rappelle que sous votre influence déplorable j'ai dû avaler un escargot, une bestiole affreusement baveuse qui traîne toute sa vie par terre en ramassant des saletés.
- J'en conviens. Tirez toutes les taffes que vous voulez. Ensuite, j'irai vous chercher une autre cigarette, en échanger de vous voir gober une huître.
- J'ai une grenouille d'avance », rigola-t-elle.
Il hocha la tête avec un grand sourire. Puis retourna voir le quatuor brésilien.
Michael l'emmena à Saint-Germain-des-Prés.
En taxi, cette fois, le dernier métro étant passé depuis peu de temps lorsqu'ils quittèrent le Trocadéro et le petit groupe de cariocas avec qui ils avaient réussi à mener une joyeuse discussion, même si l'anglais des uns était sommaire, et le portugais des autres inexistant. Les Brésiliens étaient deux couples. Hanna et Michael ne se donnèrent pas le mal d'expliquer qu'eux-mêmes n'en étaient pas un. Trop compliqué. Tout le monde était bien heureux d'être là, c'était tout ce qui comptait.
Quand ils les quittèrent, Hanna avait fumé trois cigarettes, et repartait avec un paquet à moitié plein que les jeunes gens avaient insisté pour lui donner. Il devait être une heure du matin, et elle était complètement réveillée.
D'accord pour Saint-Germain-des-Prés.
Elle ne savait pas vers où cette aventure nocturne l'emmenait, mais ne s'en faisait aucun souci. Dearbly-upon-Haven était loin, elle avait fait son boulot aujourd'hui avec cette conne de Nelly Harvey, elle ne grugeait personne en faisant ce qu'elle voulait, là, maintenant. Elle prenait la part de Paris à laquelle elle avait droit.

21 juin 2020

C'est où, le nord ?


Titre : C'est où, le nord ?
Auteur : Sarah Maeght.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 283 pages.
Prix : 7.40€.


Résumé :

 Ella, 24 ans, est professeur de français dans un collège. Elle a quitté Dunkerque pour Paris et sa première année en tant qu'enseignante, entre élèves déboussolés et profs déprimés, s'annonce mouvementée. Heureusement, elle n'est pas toute seule. Il y a son copain Théo qui l'inscrit sur Tinder, sa copine Lou qui passe des castings pour une marque de lait concentré, son fiancé Victor, ébéniste, son amante Cléo, photographe. Sans oublier sa soeur Julie, amoureuse du gorille du Jardin des Plantes, et son poisson rouge Klaus qui se fait du mouron.
C'est le portrait d'une génération, une photographie de la France d'aujourd'hui. Les jeunes s'y retrouveront, les parents qui se posent des questions, aussi.


Extrait :

 Après dîner, papa me dépose à l'anniversaire de Lucas, le meilleure copain de Victor. Il vit dans une très grande ferme à Killem, un village perdu dans le campagne flamande. La fête a déjà commencé. Son père a fait fortune en inventant la saucisse sous vide. Chez eux, même en plein hiver, c'est tous les jours barbecue. Le hangar a été aménagé en salle des fêtes pour Lucas et ses cinq frères. Je m'écroule à côté de Victor dans un canapé défoncé. Une petite machine souffle des bulles de savon qui se mêlent aux groupes de fêtards.
- T'en as mis du temps, bébé ! T'étais où ? lance Victor sans me regarder.
- Avec mon père, au bar.
Il ne m'écoute pas, se sert une Chouffe.
Adrien, la star de la bande, champion de kitesurf à la mâchoire carrée et aux cheveux javellisés, me tend un verre de jus d'orange et y verse une louche de rhum. Il s'assied en face de nous.
Victor fait claquer sa main sur ma cuisse et lance :
- T'as vraiment un cul d'enfer, bébé, pas vrai les mecs ?
- Tu plaisantes là, Victor ?
Son haleine sent la bière et ses vêtements le feu de bois.
- Mais non... J'ai trop envie de toi, ma petite femme.
- Je suis pas « ta petite femme ».
Il prend un air concentré, se redresse sur le fauteuil, ses yeux sont rouges et bouffis, il a fumé trop de pétards.
Je m'écarte :
Il faut que tu m'aides à payer le loyer du mois prochain, je vais pas m'en sortir.
- C'est pas le moment... Tu veux pas demander à ton père ?
Je pensais que ce ne serait qu'une formalité. Qu'il me signerait un chèque dans la minute.
- Mon père ? Mon père, il a deux filles et il gagne à peine le SMIC.
- T'as qu'à trouver un appartement plus petit !
- C'est pas si simple, tu le sais bien.
- Cherche un coloc'...
- Mais j'ai un MÉTIER, Victor ! Ça prend du temps tout ça !
- J'y peux rien, Ella !

7 juin 2020

Le secret de la Montagne Noire, Tome 1 : Les amants de la bergerie.


Titre : Le secret de la Montagne Noire, Tome 1 : Les amants de la bergerie.
Auteur : Bruno Combes.
Genre : Contemporain.
Edition : Michel Lafon.
Nombre de page : 403 pages.
Prix : 6.95€.


Résumé :

 Tess, jeune lycéenne de 18 ans, quitte sa famille et sa Montagne Noire par un matin glacial de décembre. Elle ne supporte plus le silence qui règne au Domaine des Forges, la propriété viticole familiale située dans le pays de Cabardès, proche de la cité de Carcassonne. Tess a besoin de faire le point et part se ressourcer dans une abbaye du Massif central. Elle n'imagine pas à quel point son départ va faire ressurgir les secrets du passé, enfouis depuis des générations.

Tess parviendra-t-elle à se reconstruire ?


Extrait :

 - Bonjour. Tu es bien matinale aujourd'hui !
- Oui, j'ai passé une mauvaise nuit, j'étais pressée de m'occuper l'esprit.
- Un coup de blues ?
- Oui, confirma Tess, un gros coup de blues.
- Ne t'inquiète pas trop, c'est normal... Surtout en cette période, répondit doucement soeur Marie-Dominique.
- Je me sens seule, j'ai peur, avoua Tess d'une voix triste et découragée.
- Tu n'es pas seule, Tess, nous sommes toutes ici avec toi ! Tu as peur de quoi, ma fille ?
- De ne pas y arriver, de ne pas savoir pourquoi je suis ici, de ne pas comprendre les raisons de mon mal-être.

27 mai 2020

Les yeux couleur de pluie, Tome 1.


Titre : Les yeux couleur de pluie, Tome 1.
Auteur : Sophie Tal Men.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 253 pages.
Prix : 7.20€.


Résumé :

 Étudiante en médecine, Marie-Lou est, du jour au lendemain, affectée à Brest. Autant dire le bout du monde pour celle qui n'a jamais quitté sa Grenoble natale. Une nouvelle existence commence alors, loin des siens, de ses montagnes : il va falloir s'habituer au climat, à la région, à la colocation, aux collègues... Surtout, c'est l'insouciance et la légèreté de ses vingt-cinq ans qui vont être confrontées à la dure réalité du monde hospitalier. Une nuit, elle croisera Matthieu, interne en ORL. Ce loup solitaire, mystérieux et poétique, arrivera-t-il à lui faire une place dans sa vie ?


Extrait :

 J'aperçois dans la pénombre de l'entrée une silhouette en pyjama blanc. À cette heure avancée de la nuit, ça doit être un chirurgien qui finit son intervention. Il est immense, une vraie armoire à glace. Je parie que c'est un orthopédiste !
À peine a-t-il franchi les portes battantes que je me liquéfie. Cela ne fait aucun doute. C'est bien lui. Je reconnais ses cheveux en bataille, son menton carré, son long cou musclé, ses mains gigantesques. Le fantôme de l'autre nuit me regarde avec un petit sourire en coin. La même fossette.
J'en fais tomber ma fourchette, elle résonne sur mon assiette. Je ne peux m'empêcher de le fixer, interloquée. Eh non, Marie-Lou, ce n'était pas un rêve ! Ce garçon existe bel et bien... En plus, il a l'air de travailler dans le même hôpital que toi
Il s'approche avec son assiette, j'ai très envie de me glisser sous la table ni vue ni connue.
Ce ne serait pas plus bizarre que d'avoir un bonnet et un ciré en sortant de la douche !
Pourquoi ai-je la chair de poule ? Sûrement parce que j'ai ôté ma blouse et oublié mon pull...
Il s'installe en face de moi sans me quitter du regard. J'ai vraiment l'impression que je l'amuse, il plisse les yeux comme s'il se moquait. Je dois être coiffée n'importe comment, avoir des cernes énormes et peut-être même du rimmel qui coule sur les joues.
- Tu m'as habitué à des tenues plus intéressantes à cette heure du soir, me lance-t-il d'une voix enjôleuse.
Il va arrêter de me narguer ? Cette histoire me met très mal à l'aise, surtout le trou noir entre deux et onze heures du matin ! Que s'est-il donc passé au point de le faire tant sourire ? La colère monte, probablement favorisée par mon estomac vide.

20 mai 2020

L'île aux papillons.


Titre : L'île aux papillons.
Auteur : Corina Bomann.
Genre : Contemporain.
Edition : Charleston.
Nombre de page : 425 pages.
Prix : 22.50€.


Résumé :

« Laissez-vous emporter sur une île aux mille senteurs, aux couleurs chatoyantes et aux nombreux mystères. »

 Lorsque Diana se rend au chevet de sa grand-tante Emmely en Angleterre, cette dernière la charge d'une étrange mission : découvrir le lourd secret qui pèse sur leur famille et qui concerne Grace, l'arrière-arrière-grand-mère de Diana.
Diana part pour le Sri Lanka, la terre de ses ancêtres, colons à Ceylan. Elle y découvre une prophétie qui semble avoir changé le destin de sa famille et l'histoire d'un amour interdit... Durant sa quête, la jeune femme trouvera-t-elle enfin la paix pour elle et pour les siens ?


Extrait :

 « Vous avez perdu quelque chose ! » Il lui tendit le papier avec un sourire charmant. Diana fut parcourue d'un frisson lorsqu'elle reconnut de quoi il s'agissait : c'était une copie de la photo de son arrière-grand-mère ! Elle se souvenait maintenant l'avoir glissée dans les pages de son guide alors qu'elle était dans l'avion.
« Oh ! merci, j'aurais été très triste de la perdre ! »
En apercevant le petit livre qu'elle tenait, Jonathan sourit.
« Ne pensez-vous pas que vous devriez utiliser un guide plus récent ?
- Oh ! mais j'en ai un ! répondit Diana. Celui-là me sert à comparer le Colombo d'hier et d'aujourd'hui.
- Vous êtes historienne ?
- Non, avocate. » Michael ne le lui avait-il pas dit ?
« Excusez-moi, mais Michael a fait grand mystère de toute cette histoire, comme s'il craignait que je m'en désintéresse tout de suite. Cela doit faire très longtemps qu'il n'est pas venu, s'il a oublié que les gens d'ici étaient toujours prêts à aider. »