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12 mars 2021

Juste quelqu'un de bien.


Titre : Juste quelqu'un de bien.
Auteur : Angéla Morelli.
Genre : Contemporain.
Edition : Harlequin.
Collection : &H.
Nombre de page : 331 pages.
Prix : 14.90€.


Résumé :

 À trente-quatre ans, Bérénice n'a plus aucune certitude. Tout ce qu'elle croyait savoir sur la vie a pris l'eau, elle multiplie les amants, mais ne tombe jamais amoureuse et, cerise sur le gâteau, voilà qu'elle n'arrive plus à écrire une ligne, alors que l'écriture est sa raison d'être. Heureusement, elle peut compter sur les trois femmes de sa vie : sa mère et sa grand-mère, avec qui elle partage une jolie maison cachée au cœur de Paris, et Juliette, son amie d'enfance. Mais ça ne suffit plus.

Bérénice n'a donc plus le choix. Elle doit enfin affronter les questions qu'elle a toujours refusé de se poser et accepter de faire une place... aux hommes de sa vie. En commençant par son père, dont elle ne sait rien, et par Aurélien, un homme surgi du passé, qu'elle vient de croiser et qui ne l'a pas reconnue.


Extrait :

 Arthur était en train de colorier la mer lorsqu'on toqua à sa porte.
Bérénice ne put s'empêcher de tressaillir.
- Ça doit être ton papa.
Elle essaya de faire taire son trac durant le très court trajet qui la séparait de l'entrée, mais ce fut peine perdue : la main qu'elle posa sur la poignée tremblait légèrement. Elle prit une profonde inspiration et ouvrit, en espérant à moitié que sa mère avait accompagné Aurélien.
Mais celui-ci était seul.
- Entrez, entrez, dit Bérénice sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit. Arthur, ton papa est là !
L'enfant se leva à son tour et s'approcha de son père, son dessin à la main.
- Qu'est-ce que tu as fait de beau ? demanda ce dernier en se penchant vers le garçonnet.
Arthur lui tendit la feuille.
- Mais c'est...
- Notre navire pirate, expliqua Bérénice. Nous nous sommes rendu compte que nous avions une passion commune pour L'Île au trésor.
Une lueur d'espoir s'afficha sur le visage d'Aurélien.
- Comment vous vous en êtes rendu compte ? Il vous l'a dit ?
- Non, répliqua Bérénice, qui lut de la déception sur le visage d'Aurélien, dont les traits s'affaissèrent légèrement. Mais il me l'a fait comprendre grâce à l'aide du Capitaine Haddock, pas vrai, bonhomme ?
Arthur hocha la tête.
- Le Capitaine Haddock ? demande Aurélien, perplexe.
Bérénice fit un geste en direction de la cage.
- Mon perroquet.
Comme s'il avait compris qu'on parlait de lui, le volatile gonfla le jabot, s'agita d'une patte sur l'autre et cria :
- À l'aborrrdaaaage ! À l'aborrrdaaaage !
- Un perroquet de pirate, commenta Aurélien, et son sourire de guingois étira ses lèvres.- C'est un perroquet de tout, rectifia Bérénice. Il appartenait à ma tante, qui était une grande bavarde. J'en ai hérité à sa mort il y a deux ans et je pense que je n'ai pas encore fait le tour de l'étendue de son vocabulaire.
- Au feuuuu ! Au feuuuu ! cria l'oiseau comme pour lui donner raison.
- Ah, ça c'est nouveau. D'habitude, il est plus branché révolution et marine.
- Cela dit, ça sent un peu le brûlé, non ?
Bérénice renifla.
- Merde ! Mon tian !
Elle se précipita vers le coin cuisine et ouvrit le four, dans lequel le tian de légumes avait pris une délicieuse couleur caramel cramé. Elle saisit deux maniques, sortit le plat du four, le posa sur l'évier et ouvrit la fenêtre en grand.
- Pas trop de dégâts ? s'enquit Aurélien.
Bérénice se retourna et découvrit qu'il l'avait suivie. Il contemplait le plat par-dessus son épaule.
- Je pense que la poubelle va se régaler.
- On ne pense pas assez à l'estomac des poubelles. Encore merci d'avoir gardé mon fils, il a l'air de s'être bien amusé en votre compagnie.
- C'était un plaisir.
Aurélien la dévisagea une seconde de trop et Bérénice éprouva l'envie aussi ridicule que pressante qu'il la reconnaisse.


Avis :

 Il m’est difficile de parler de cette lecture, je ne sais comment la décrire. Autant, je l’ai beaucoup aimée et, autant, je l’ai trouvée parfois trop légère. En effet, l’humour se présente souvent dans cette histoire, principalement dans les passages entre l’héroïne et sa meilleure amie. Dans cette œuvre, l’étincelle des émotions manque cruellement ; j’ai senti des sentiments, sauf qu’ils sont éphémères et passagers. Ils ne restent pas réellement à l’esprit ou dans le cœur, en cause, les traits d’esprit les coupant abruptement. J’ai passé un très bon moment dans l’ensemble, avec des pages rapides et faciles à lire, sur des actions et des pensées florissantes. La vie d’une femme d’une trentaine d’années est à l’honneur, avec ses questionnements sur son père et des doutes envers l’amour. C’est un contemporain, ouvert sur une note de romance et une quête initiatique ; à la fois passionnant et simpliste sur le ton. Cependant, le récit n’est clairement pas superficiel, beaucoup de sincérité et d’éléments fidèles à l’existence.

À trente-quatre ans Bérénice ne sait plus ce qu’elle veut et surtout comment évoluer dans sa vie. Son travail d’écriture est au point mort, rédiger des histoires d’amour se transforme en questionnement sur elle-même. Cette femme n’est jamais tombée amoureuse, et je suis persuadée que cela est possible ; de ne pas avoir rencontré la personne qui nous fait battre le cœur. Cependant, soyons honnêtes, depuis la fin de son adolescence, elle s’est amourachée d’un jeune homme et depuis elle est dans l’impossibilité de l’oublier réellement. L’héroïne stagne dans sa vie, elle ne souhaite plus de cette existence sans amour, de ses soirées où elle drague pour finir dans le lit d’un inconnu. Et, enfin, après des années et des années, elle s’interroge sur son géniteur. Plusieurs fois, j’ai souhaité lui crier de se réveiller pour chercher les réponses, pourtant, Bérénice ne manque pas de dynamisme. Je ne me suis pas forcément attachée à elle, mais je l’ai bien aimé ; dans ses plaisanteries avec Juliette, sa meilleure amie, dans sa complicité avec sa mère et sa grand-mère et dans son esprit plein d’imagination.

Dans cette histoire, les autres protagonistes sont plutôt secondaires ; mais essentiels pour l’intrigue et les valeurs du roman. Déjà, Juliette, elle est très présente et raconte les épreuves d’une mère d’un nouveau-né ; les nuits blanches, les pleurs constants où la fatigue et les doutes ne font qu’un. En différence de Bérénice, je me suis prise d’affection pour elle. L’homme du livre, Aurélien, est père d’un petit garçon ; ce dernier a cessé de parler après le départ de sa mère. Ce personnage doit gérer son travail de journaliste, qui ne lui convient plus, son enfant seul et les problèmes financiers. Je l’ai bien aimé à l’âge de trente-cinq ans, beaucoup moins durant sa jeunesse et ses pertes de mémoire. Ensuite, la maman et la grand-mère de l’héroïne donnent plusieurs particularités au récit, de la croyance et une sagesse incroyable. Ces deux femmes m’ont fait sourire, et j’ai admiré leur force durant toute ma lecture.

Une histoire plutôt surprenante pour ma part, je n’ai pas perçu chaque émotion ; néanmoins, les cheminements ont du sens et peuvent retentir en chacun de nous. Le sujet n’est pas commun, le fait de n’être jamais tombée amoureuse est très peu abordé dans les romans ; c’est intéressant et d’actualité. Les sentiments sont à la volée, difficilement saisissables sur le long terme de l’œuvre ; quelques censures à ce propos, opprimés par l’humour familier et naturel. Le mystère est de mise dès les premières pages et se conserve sur une bonne partie du livre ; cela laisse toujours des incertitudes et offre un souffle inédit au genre romance-contemporain ; couramment prévisible sur la teneur de l’histoire. Là, cette fois, les scènes concèdent des effets de surprise et prodiguent un état addictif. De la plus douce des façons, le thème livre des pensées sur l’amour, la vie d’un écrivain et les situations parentales. En suivant plusieurs individus différents, leurs existences de chaque jour et leurs évolutions.

Une écriture très enrichissante, bercée sans cesse par des traits d’esprit ; plutôt agréable et pointant clairement le style de l’auteure. La plume de Angéla Morelli est rythmée, aucun répit entre les chapitres ; sauf sur la transmission des émotions. De l’authenticité et des phrases pleinement ouvertes, les mots coulent d’eux-mêmes. Je suis seulement désappointée par la forme de la troisième personne au singulier utilisé, encore et toujours, cela ne s’imbrique pas vraiment avec les sentiments. Mais, je retiens d’elle, des dialogues bien construits et une narration légère et recherchée.

« Juste quelqu’un de bien » porte la joie, sans pour autant être un roman exceptionnel, on passe un moment plaisant au côté des personnages. Ces derniers ont une personnalité singulière des uns et des autres. Je ne vais pas garder un souvenir impérissable de Bérénice, sa façon d’être n’est pas continuellement engageante, néanmoins elle est bonne vivante et change au fil des pages. Le récit est entraînant, principalement grâce au suspense ; et l’ensemble des sujets sort des contextes habituels ; l’auteure détient des touches personnelles en plus d’une imagination authentique. Une lecture contemporaine, avec un brin de romance et une belle dose de folie, l’amour n’est pas toujours au coin de notre porte et Angéla Morelli raconte des faits, interrogations et réponses sur ce thème. Ce livre est une goutte d’inspiration pour les femmes modernes, en recherche de l’amour à la fois parfait et imparfait, en réflexion sur ses capacités et ses envies futures. L’humour apporte un éclairement sur la vie, tout en effaçant les belles émotions. Au sein de ce feel-good, on se plonge dans une multitude de destinées.


Note :
8/10.

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