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10 mars 2021

Ce qui ne te tue pas..., Tome 1.


COUP DE COEUR ♥.

Titre : Ce qui ne te tue pas..., Tome 1.
Auteur : Georgia Caldera.
Genre : Romance.
Edition : J'ai lu.
Nombre de page : 319 pages.
Prix : 13.40€.


Résumé :

 Le bac en poche, les années lycée et leur lot de terribles souvenirs derrière elle, Violette se réjouit de pouvoir enfin tourner la page. C'est par un déménagement et l'intégration d'une école de graphisme de renom que débute sa nouvelle vie. Artiste dans l'âme, Violette espère se révéler et s'épanouir à Arte-Sup. Or, son bonheur a un prix : Adam, le fils de son nouveau beau-père. Car le jeune homme, aussi ombrageux qu'insaisissable, avec lequel elle va devoir désormais partager un couloir, semble la haïr par-dessus tout. Et lui aussi étudie les arts graphiques au sein de la même formation.


Extrait :

 Je me dégageai d'un pas de côté, puis le contournai pour quitter la cuisine et me dirigeai vers le couloir, estimant que la discussion était close.
Et je manquai percuter Violette, qui s'était arrêtée sur la dernière marche de l'escalier.
Elle me dévisagea avec consternation, la bouche légèrement ouverte, mais je forçai immédiatement mon regard à dériver dans le vide derrière elle.
Étant donné sa position, je supposai qu'elle venait juste de redescendre. Néanmoins, je me demandai depuis combien de temps elle était postée là. Avait-elle pu entendre notre conversation ?
- Je... j'avais oublié de te prévenir, balbutia-t-elle en reculant de quelques centimètres. Pour demain... J'irai en cours à vélo, donc pas la peine de m'attendre pour m'y emmener, je me débrouillerai toute seule. Voilà, c'est tout.
Je lui aurais bien rappelé que l'école se trouvait à l'autre bout de la ville et qu'il allait lui falloir une heure au bas mot pour s'y rendre, mais ce n'était pas mon problème. Qu'elle fasse comme cela lui chantait. Au moins, je serais tranquille durant les trajets, sans personne pour me scruter constamment telle une bête de foire. C'était parfait.
J'acquiesçai d'un signe indifférent et la dépassai pour monter à l'étage. Elle m'emboîta le pas et décida de gravir l'escalier à mon côté.
- Hmm, et donc, « absolument aucun risque » de quoi exactement ? On peut savoir ? s'enquit-elle avec un détachement et une innocence qui sonnaient horriblement faux.
Merveilleux...
Non seulement elle avait entendu la fin de notre échange dans la cuisine, mais en plus elle s'en vantait. Pire, elle en profitait pour se payer ma tête, une fois de plus.Je soufflai un grand coup par le nez, vraiment excédé - par mon père et ses nouvelles méthodes particulièrement vicieuses pour m'humilier, par elle et sa façon totalement incompréhensible de se comporter avec moi -, puis m'empressai de rejoindre le palier tout en continuant à l'ignorer.
- Mais sérieux, c'est quoi ton problème, à la fin ?! s'offusqua Violette.
Je me stoppai dans mon élan, la main sur la poignée de la porte de ma chambre. Puis je me retournai, plus déconcerté que je ne l'aurais voulu par son brusque changement de ton.
- Faire la gueule est ton passe-temps préféré, ou quoi ? s'emporta-t-elle, l'air en colère, ses grands yeux noirs brillant un peu trop dans la pénombre du corridor. Oh, tant que j'y suis, et puisqu'il semble important de le préciser, sache que la réciproque est vraie. Ne t'inquiète pas, Adam, moi non plus. Aucun. Putain. De risque !
Sur ces mots, elle entra dans sa chambre, claqua la porte et fit sèchement tourner son verrou.
Je restai planté comme un crétin en plein milieu du couloir, les lèvres encore entrouvertes sur une réplique que je n'avais pas et que, quand bien même, j'aurais préféré taire.
Elle avait tout entendu.
Et elle était... vexée ? Ou fâchée, du moins.
Pourquoi ?
Certes, je ne m'étais pas montré très agréable avec elle, mais était-ce une raison pour m'attaquer ainsi ?
Et pourquoi diable me rappeler que la réciproque était vraie ? Comme si j'avais pu avoir le moindre doute à ce sujet ! Cette allusion était tout aussi injustifiée que cruelle.


Avis :

 Ne vous fiez pas au résumé, où la haine que porte Adam à Violette effleure seulement l’histoire. Cette romance va bien au-delà de ça, ce sont les sentiments de chacun de nos deux héros, qu’on découvre, qu’on ressent. Un roman captivant, passionnant et vibrant d’émotion ; j’en ai encore des frissons plusieurs heures après ma lecture. Un roman d’amour où la souffrance sonne comme un glas, bouleversant sur les thèmes, sur les pensées respectives de ses deux âmes brisées et toujours vivantes, sur la composition des deux perspectives. C’est la deuxième fois que Georgia Caldera me fait battre le cœur, m’enflamme par ses mots jusqu’à dévorer l’œuvre ; sans pouvoir m’arrêter réellement. Le souffle coupé, la tête encore embrumée, une romance atteignant les sommets de mes espérances. Un suspense sans précédent, pour ce style d’œuvre ; la surprise est de taille, toujours et sans cesse. Les sujets exprimés ne sont pas simples à décrire tellement ils sont intenses, d’une profonde sensibilité et s’échappant des sentiers battus. Dans ce livre, l’histoire d’amour n’est pas la seule ressource, la racine étant le cœur et l’esprit de Violette et Adam.

Violette déménage pour aller vivre avec sa mère, son beau-frère et le fils de ce dernier ; afin de faire son entrée dans une école d’art. Pour elle, c’est aussi un nouveau départ, une manière de tourner la page. Cette jeune fille tente d’oublier, de passer outre à sa dernière année ; une partie de sa confiance s’est étiolée au fil des mois. Derrière ses sourires, sa joie de vivre et son énergie, ses piques bien senties, sa personnalité tout en force ; Violette tire un voile sur ses larmes et ses blessures. Or, le passé et le présent semblent se rencontrer, où certains moments font remonter à la surface les épreuves déjà vécues. Alors, dans le plus grand secret, ses yeux s’humidifient au milieu de son lit et face à ses dessins. Elle cite « Ce qui ne te tue pas… », son mantra depuis la date fatidique où une souffrance évidente s’est insinuée en elle. Dans un sens, je me suis retrouvée en cette héroïne ; son innocence abîmée et ses faux-semblants adoptés comme des armes, sa solitude éprouvée en son for intérieur. Son impétuosité et sa douceur permettent de se prendre d’affection envers elle, sans aucune concession.

Adam, fils du mari de la mère de Violette doit accepter cette inconnue chez lui. La rencontre le bouleverse, c’est une réapparition de son passé d’adolescent et la rancœur est toujours présente. Son accès dans cet établissement d’art est pour ce jeune homme un refuge, seul et dans son antre, chaque jour ses créations prennent forme. Dans son désespoir, ses nuits hantées par sa réalité ; il doit reprendre conscience, émerger de son angoisse et de sa colère par lui-même. Ce jeune homme n’est pas bien dans sa peau, ses silences dissimulent ses ténèbres, ses secrets les plus honteux d’après lui. Adam est emprisonné par une tristesse sombre, sa personnalité taciturne est la cause de tourments jamais exprimés. Sa réticence à délier sa langue est un coup au cœur, son contrôle imposé sur ses émotions serre la gorge et la poitrine. Ce n’est pas quelqu’un de faible, sa façon d’être et ses choix retentissent entièrement de vérité ; dans sa réserve et ses silences, il souffle des hurlements et son évolution vers la lumière offre une joie dans le cœur. Je me suis accrochée durement et sûrement à cette âme torturée, j’ai eu mal pour ce personnage. Dans le murmure de ses mots craintifs et interdits, mon attachement pour cet être est indéfectible ; m’affectant par secousse et m’ébranlant toute entière.

Sincèrement, cette romance est un merveilleux saisissement ; sur les sentiments, le suspense, de par ses thèmes et ses protagonistes, par l’écriture éveillée et l’ensemble dévastateur de l’intrigue. Aucune parole n’est suffisante pour décrire ce joyau littéraire, l’oubli de cette lecture est impossible. Des ressentiments du début à l’observation indiscrète et déconcertante, Violette et Adam vont devoir apprendre à vivre sous le même toit, en face l’un de l’autre dans le couloir qui les sépare. Sans questionnements et confidences, juste par des gestes et des regards, ils se soutiennent dans leurs moments difficiles. Une amitié naît entre eux, devenant indispensable à leurs yeux ; une confiance aveugle où le passé et une partie du présent ne sont jamais abordés entre eux, sachant où se situe leur limite ; très peu d’interrogation, de révélation. Une relation retenue, ils ne veulent pas la dévoiler à l’extérieur ; les doutes et l’amour fleurissent et prennent des valeurs infinies et indéfinies. Des notes mystérieuses, révélant une histoire d’amour imprévisible ; la fin est peut-être sur la réserve ; or, elle est déconcertante et elle présente la suite sur un air encore plus énigmatique. Une modernité renversante, des propos et une trame sensée, rythmés par une singularité émotionnelle. Les sentiments se composent dès les premières pages et s’intensifient de plus belle, j’ai goûté à cette ivresse avec trouble et fascination.

Georgia Caldera écrit pour distiller de l’émotion, deuxième romance où je découvre son talent pour me faire vivre des battements de cœur et m’inspire à ressentir des tremblements. Une plume mêlant la délicatesse de l’amour et la violence de la vie, des phrases intimes délivrant une immense sensibilité. Sa richesse envers les sentiments est majestueuse, pleinement discernée. L’écriture de cette auteure est harmonieuse, sa finesse crée un effet où les pages se dévorent sans possibilité de s’interrompre. Georgia Caldera rédige d’une manière naturelle et émouvante, son sens du détail est à la hauteur de sa simplicité. Elle mélange deux perspectives avec honneur et virtuosité ; ces deux visions au fil des chapitres arborent une profondeur sur les états d’âme des héros.

Il ne faut pas s’en remettre à la quatrième de couverture, trahissant la fidélité de l’histoire ; paraissant d’une banalité sans nom. En vérité, le récit s’imprègne au tréfonds de nous-mêmes, cédant des tourbillons d’émotions. Une œuvre éperdue d’ombre et de lueurs, où les sujets se gardent à l’esprit et véhiculent une authenticité terriblement poétique et idéale. Violette s’efforce d’enterrer ses antécédents, l’humiliation est sans répit et poignarde sa candeur ; une héroïne douloureusement attachante, par l’illusion de sa résistance face à la peine, par ses réparties libres, par sa tendresse pleine de réconfort. Là où son énergie est chaleureuse, le désespoir de Adam heurte notre oxygène. Ce jeune homme est un hymne de détresse, ses silences éloquents se symbioses à ses cris sans voix, un héros infiniment poignant écorché par les démons de la violence et de ses nuits ; une personnalité coup de poing et hors du commun électrisant notre respiration et soulevant une affection indéniable. Deux personnages à bout de souffle, s’unissant en chœur et d’un accord vague ; par des signes seulement visibles d’eux, les paroles et promesses ne sont pas vitales. « Ce qui ne te tue pas… » peint les insaisissables existences, les sentiments endurés et des espoirs enfouis et très lointains. Une lecture troublante et une histoire d’amour insoupçonnée, animée par une plume dévorante de sensation. Georgia Caldera témoigne une justesse d’humanité par ses textes forts et différents, ornés par une écriture resplendissante chantée par deux voix. Je suis véritablement et littéralement tombée amoureuse de ce livre.


Note :
10/10.

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