Mes dernières chroniques

7 août 2022

Crossfire, Tome 5 : Exalte-moi.


Titre : Crossfire, Tome 5 : Exalte-moi.
Auteur : Sylvia Day.
Genre : Romance.
Edition : J'ai lu.
Nombre de page : 495 pages.
Prix : 14.90€.


Résumé :

 Gideon Cross. Tomber amoureuse de lui a été la chose la plus facile que j'ai jamais faite. C'est arrivé instantanément. Irrévocablement. L'épouser, c'était un rêve devenu réalité. Rester mariée à ses côtés est le combat de ma vie. L'amour vous transforme. Le notre est à la fois un refuge dans la tempête, mais aussi la plus violente des tempêtes. Deux âmes brisées qui s'entremêlent pour n'en former qu'une seule. Nous avons révélé nos plus profonds et plus hideux secrets. Gideon est le miroir qui reflète mes défauts... et aussi toute la beauté que je ne pouvais pas voir. Il m'a tout donné. Désormais, je dois lui prouver que je peux être son roc, être ce même refuge qu'il représente pour moi. Ensemble, nous pouvons affronter ceux qui tentent de s'interposer entre nous. Mais notre plus grande bataille se trouvent dans les vœux qui nous lient. Se promettre de s'aimer n'était que le début. Se battre pour cet amour nous libérera... ou nous séparera à jamais.


Extrait :

 Je me sentais hors de mon élément, ce à quoi j'aurais dû être habitué depuis que j'avais rencontré Eva, mais elle avait toujours été une sorte de point d'ancrage, même quand elle me faisait chanceler. Tant que je m'accrochais à elle, je pouvais affronter toutes les tempêtes. Du moins le pensais-je.
La cherchant du regard, je fus soulagé de la voir s'approcher de moi d'un pas sautillant qui agitait sa queue-de-cheval.
- Goûte ça, ordonna-t-elle en portant un biscuit à mes lèvres.
J'ouvris la bouche et je refermai les dents une fraction de seconde trop tôt, lui mordant délibérément les doigts.
- Eh !
Elle fronça les sourcils. La douleur de la morsure eut l'effet escompté, et elle concentra son attention sur moi. Elle comprit tout de suite. Elle avait lu en moi.
- Tu veux aller dehors ? murmura-t-elle.
- Dans une minute, dis-je en désignant du menton le bar où Stanton me remplissait un verre.
Je lui attrapai le poignet pour la garder près de moi. La maintenir à l'écart du groupe m'agaçait. Je ne voulais pas être un de ces hommes qui étouffent la femme qu'ils aiment. Il me fallait du temps pour m'habituer à tout cela. La distance que je m'appliquais à maintenir avec les autres, y compris Cary, ne serait pas acceptable avec Stanton et Monica. Pas après avoir constaté combien Eva prenait de plaisir à être avec sa famille.
Elle se sentait en sécurité parmi eux, détendue. Alors que ce genre de réunions était pour moi synonyme de danger.
Je m'ordonnai de me calmer quand Stanton revint avec nos verres. Pour autant, je ne baissai pas la garde.
Martin approcha et nous présenta sa copine. Tous deux nous félicitèrent. Les choses se passèrent comme prévu et cela m'apaisa un peu, quoique pas autant que le double scotch que je vidai d'un trait.
- Je vais lui montrer la plage, annonça Eva en me prenant mon verre vide des mains.
Elle le posa sur une table basse tandis qu'elle m'entraînait vers la baie vitrée.
Il faisait plus chaud à l'extérieur - l'été semblait vouloir s'attarder. Une brise chargée d'embruns rabattit mes cheveux sur mon visage.
Nous marchâmes jusqu'au rivage, main dans la main.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en me faisant face.
L'inquiétude dans sa voix me hérissa.
- Tu savais qu'il s'agissait d'une sorte de fête de famille pour célébrer notre mariage ?
Mon ton était si tranchant qu'elle eut un haut-le-corps.
- Je ne l'avais pas vue ainsi. Et maman n'a pas non plus appelé cette petite réunion ainsi, mais j'imagine que c'est logique.
- Pas pour moi.
Je pivotai sur mes talons et me mis à marcher face au vent.
- Gideon ! appela Eva en s'élançant derrière moi. Pourquoi es-tu fâché ?
Je me retournai d'un bloc.
- Je ne m'attendais pas à ça !
- À quoi ?
- Cette espèce de rituel d'intégration familiale.
- Je t'avais prévenu qu'ils étaient au courant, répondit-elle en plissant le front.
- Ça ne devrait rien changer.
- Heu... Dans ce cas, pourquoi le leur dire ? C'est toi qui voulais qu'ils le sachent Gideon. Que croyais-tu qu'il se passerait ? ajouta-t-elle comme je ne répondais pas.
- Je n'avais pas prévu de me marier, Eva, alors pardonne-moi de ne pas y avoir pensé.
- D'accord, dit-elle, levant les mains en un geste de reddition. Je suis un peu perdue, là.
Et je ne savais pas comment rendre les choses plus claires.
- Je ne peux pas... Je ne suis pas prêt pour ça.
- Prêt pour quoi ?
Je désignai la maison d'un geste impatient.
- Pour ça.
- Tu peux être plus précis ? demanda-t-elle prudemment.
- Je... Non.
- Est-ce que j'ai raté quelque chose ? insista-t-elle avec une pointe de colère. Qu'est-ce qu'ils ont dit, Gideon ?
Il me fallut un moment pour comprendre qu'elle se rangeait de mon côté. Ce qui ne dit que m'énerver davantage.
- Je suis venu ici pour être avec toi. Et tu passes ton temps avec ta famille...
- C'est aussi ta famille.
- Je n'ai pas demandé à ce qu'elle le soit.
À la compréhension qui se lut brièvement sur son visage succéda la pitié. Je serrai les poings.
- Ne me regarde pas comme ça, Eva.
- Je ne sais pas quoi dire. De quoi as-tu besoin ?
J'exhalai un soupir rauque.
- D'alcool.
Sa bouche s'incurva sur un sourire.
- Je suis sûre que tu n'es pas le premier jeune marié qui a envie de boire en présence de sa belle-famille.
- On peut éviter de les appeler ainsi, s'il te plaît ?
Son sourire disparut.
- Qu'est-ce que ça changerait ? Tu peux les appeler M. et Mme Stanton si tu veux, mais...
- Ce n'est pas moi qui ignore où est ma place.
- Je ne suis pas certaine d'être d'accord, répliqua-t-elle, les lèvres pincées.
- Il y a deux jours, ils m'auraient serré la main et appelé M. Cross. Là, ce sont des embrassades, des « appelez-moi maman » et des sourires pleins d'attente !
- En fait, elle t'a demandé de ne pas l'appeler maman, mais je comprends. Tu es devenu leur beau-fils, et ça te fait peur. Pourtant, qu'ils s'en réjouissent n'a rien d'affreux. Tu préférerais qu'ils réagissent comme mon père ?
- Oui.
La colère et la déception, je savais gérer.
Sous la lune, Eva recula d'un pas, le regard sombre.
- Non, me rétractai-je en me ratissant les cheveux - la décevoir, elle, je ne savais pas comment gérer. Putain, je n'en sais rien !
Elle m'étudia pendant une longue minute. Je détournai les yeux, regardai la mer.
- Gideon... dit-elle en se rapprochant de moi. Je comprends, franchement. Ma mère s'est mariée trois fois. Chaque fois, je me retrouvais subitement avec une nouvelle figure de père que je...
- J'ai un beau-père, l'interrompis-je sèchement. Ce n'est pas la même chose. On n'en a rien à foutre qu'un beau-père ne vous aime pas.
- C'est de ça qu'il s'agit ? dit-elle en m'enlaçant. Ils t'aiment déjà, tu sais.
Je l'attirai plus près.
- Ils ne me connaissent pas.
- Cela viendra. Et ils t'aimeront. Tu es le gendre dont rêvent tous les parents.
- Ne dis pas de conneries, Eva.
Elle me repoussa d'un geste plein de colère.
- Tu sais quoi ? Si tu ne voulais pas de beaux-parents, tu n'avais qu'à épouser une orpheline.
Elle fit demi-tour et se dirigea vers la maison au pas de charge.
- Reviens ici, aboyai-je.
Sans se retourner elle me fit un doigt d'honneur.

5 août 2022

Baby random, Tome 1.


Titre : Baby random, Tome 1.
Auteur : Alexia Gaïa.
Genre : Romance.
Edition : Hugo & Cie.
Nombre de page : 511 pages.
Prix : 7.60€.


Résumé :

 Il est 10h30 quand son patron arrive au café dans lequel travaille Célia à Chicago. Il lui fait un sourire et l'invite une fois de plus à dîner. Mais Max est français, et la réputation des Français pour briser les cœurs n'est plus à faire... Quelle excuse va-t-elle pouvoir trouver pour l'éviter ? Et si elle mettait ses préjugés de côté, Célia ne serait-elle pas surprise ?

Il est 11h05. Célia est debout derrière sa caisse. Il va arriver, elle le sait. Il vient tous les jours depuis un an, toujours à la même heure. Il ne dit pas bonjour, ne sourit pas, ne la regarde pas et commande toujours la même chose. Célia se maudit de n'être qu'une petite serveuse dans le décor de cet homme d'affaires. Pourquoi aurait-il envie de la regarder, après tout ?

Et si le sort décidait de se mêler de la vie amoureuse de Célia Fowell et de tout renverser sur son passage telle une tornade dans un magasin de porcelaine ?

L'imprévu pourrait être sa plus belle surprise !


Extrait :

 Je n'arrive pas à décrocher un mot. Il me regarde du coin de l'oeil.
- Je ne t'avais jamais vue avant. Tu viens d'où ? il me demande.
C'est comme de me prendre une claque en plein visage. Je te sers tous les jours, Roman Weiss...
- Du centre, vers le Millennium Park, je réponds en un souffle.
- Vraiment ? J'y suis tous les jours, on ne s'est jamais croisés. Tu bosses là-bas aussi ?
- Non, pas vraiment...
Bien sûr que j'y bosse ! Regarde-moi, tu crois que j'ai les moyens de vivre ailleurs que dans les quartiers Sud ? Voilà ce que j'aurais dû répondre, mais je crois que j'ai honte de lui avouer qui je suis... Une serveuse qui vit dans les quartiers Sud, où tu peux acheter de la came comme t'achètes une bouteille de lait.
- Tu bosses dans quoi ? il insiste.
- Tu me parais bien curieux, je lâche.
Il baisse la tête avec un sourire, et moi je reprends mon souffle. L'avoir juste là me donne envie de fuir loin d'ici. Mais en même temps, je suis si contente qu'il s'intéresse à moi que je pourrais passer la nuit sur ce banc s'il me le demandait.
- C'est vrai, je suis curieux. C'est à cause de ta robe.
Coup de chaud.
- Ma robe ?
- Tu as l'air très sage de face et... prête à tout de dos...
Ses yeux verts me transpercent. Je soutiens son regard une longue seconde avant de me détourner, incapable d'assumer ce qu'il m'envoie.
- Je ne suis pas assez bourrée pour entendre des trucs pareils, je marmonne.
Il explose d'un rire tout aussi charmant que le reste de sa personne. Bon sang, je ne peux pas le nier, ce type me fait craquer.
- Tu me plais de plus en plus, il me lance avec un sourire hollywoodien.
- Pour ça non plus, je ne suis pas assez bourrée, je lâche tandis qu'il se redresse pour fouiller une poche intérieure de sa veste.
Il en sort un portable. Ce truc est aussi grand que mon avant-bras ! Il doit coûter le prix d'un de mes avant-bras, en y pensant. Ce sont des doigts fins mais masculins qui pianotent je ne sais quoi sur l'écran. Je croise un regard vert amusé quand l'appareil vient se poser sur son oreille.
- Une ou deux ? il me demande.
- Une ou deux quoi ?
Est-ce que j'ai loupé un morceau de la conversation ?
- Des bouteilles ! Tu en veux une ou deux ?
- Ah euh... eh bien deux, au point où j'en suis...
Son visage s'illumine d'un magnifique sourire.
- La femme parfaite existe donc, il dit en mettant sa main sur son téléphone pour que son correspondant ne l'entende pas. Je savais que je finirais par la trouver...
Je me sens rougir. Encore... Une ado prépubère, voilà ce que je suis ce soir.
- Il y a un banc tout au fond du parc, après la verrière et le cabanon de chasse. Je vous y attends, il assène plutôt froidement à son interlocuteur.
Il appelle qui ?
Il raccroche et m'envoie un énième sourire ravageur. Je ferme la bouche, de façon hermétique. Il ne faudrait que je bave, en plus !
***
 L'instant suivant, nous voyons un serveur arriver dans notre direction. Habillé en pingouin, il vient se planter sous nos yeux, aussi droit qu'un chien parfaitement dressé. Roman s'adresse aussitôt à lui. Il lui demande deux bouteilles de Château Je-ne-sais-quoi.
Son ton a changé. Je reconnais le type de 11h05, froid et autoritaire.
- Monsieur votre père nous a demandé de ne pas... commence le serveur.
Roman fouille sa veste et glisse dans la main du type ce que je devine être des billets. Je fronce les sourcils. Ça a l'air si simple...
- Que vos désirs soient des ordres, monsieur, annonce le serveur en faisant demi-tour.
Je détourne mon regard du serveur qui vient de se faire un gros pourboire. Quand je pense qu'en un an, il ne m'a jamais donné un cent...
- L'argent contrôle les gens, il me dit, comme pour se justifier.
- L'argent ne contrôle pas les gens, je réplique aussitôt. Il y a plus important que l'argent dans la vie.
- Faux !
- Tu ne sais pas de quoi tu parles... L'argent ne contrôle pas les gens. Ou alors, je ne suis pas les gens, si c'est le cas.
Il a un petit sourire mais fronce tout de même les sourcils.
- Tu as fait une thèse monétaire, peut-être ?
- Peut-être bien !
Il rit et, l'instant suivant, le serveur dépose deux bouteilles de vin blanc et deux verres entre nous. Il fait sauter les deux bouchons avant de disparaître.
- Tu ne m'as pas dit dans quel secteur tu bosses, reprend Roman en me servant.
- Peu importe, tu ne vas pas me faire parler travail alors que je n'y suis pas.
Il sourit en nous servant et lève son verre.
- À cette soirée, qui s'annonce beaucoup plus intéressante que prévue !
- Je n'aurais pas dit mieux.
Je bois une grande gorgée et lui aussi. Oh merde, ce truc est super bon. Rien à voir avec l'espèce de vinaigre qu'on a pu se payer avec Gen hier soir !
- Et toi ? Dans quoi tu travailles ? je demande à mon tour.
- Hmm...
Il réfléchit, et j'attends.
- Je crois que tu as raison. On ne va pas parler boulot alors qu'on n'y est pas, il lance finalement.
Je ris dans mon verre.

3 août 2022

Les loups de Riverdance, Tome 4 : Elijah.


Titre : Les loups de Riverdance, Tome 4 : Elijah.
Auteur : H.V. Gavriel.
Genre : Bit-lit.
Edition : Milady.
Nombre de page : 573 pages.
Prix : 7.90€.


Résumé :

 Traumatisé par son passé, Elijah vit en reclus. Tandis que sa meute d'adoption s'emploie à lui démontrer qu'un loup soumis n'est pas un loup faible, son amitié pour James, ancien enfant battu, l'incite petit à petit à accorder de nouveau sa confiance. Mais lorsqu'il sauve la vie d'un inconnu, Elijah se retrouve mêlé bien malgré lui à un conflit entre espèces qui l'entraînera au cœur d'une guerre sans merci. Feys belliqueux, dragons orgueilleux, loups, vampires et démons alliés dans une folle équipée, c'est beaucoup pour un doux Oméga. Loin de chez lui, Elijah devra trouver sa place au sein de la meute avant de comprendre que, parfois, il n'y a qu'un pas de l'amitié à l'amour...


Extrait :

 Une daube mijote sur la gazinière et embaume tout l'appartement quand James rentre du bureau, un peu plus tôt que je ne l'attendais. Il m'appelle dès qu'il franchit le seuil, puis se précipite vers moi, et me serre contre lui à m'étouffer.
- Hé ! ai-je juste le temps de murmurer, tandis qu'il commence à marmonner contre mon cou.
- Qu'est-ce que tu dis ? demandé-je.
Il recule d'un pas, me tenant toujours à bout de bras.
- Tu vas bien ? Genre vraiment, vraiment bien ?
- Bien sûr que je vais bien. Tout à fait bien. Je n'avais rien de trop grave, et les loups guérissent vite, tu sais ?
- Vraiment vrai ? interroge-t-il tout en prenant mes joues en coupe, scrutant mon visage de son regard noisette obscurci par l'inquiétude. J'ai eu tellement peur pour toi, putain ! C'est dur de rester ici, loin de toi, quand je sais que tu es blessé !
- Je suis désolé, Jamie. Tellement désolé que tu te dois inquiété pour moi.
- Ne t'excuse pas ! Évidemment que je m'inquiète pour toi. Je m'inquiète toujours pour toi ! C'est ça qu'on ressent lorsque...
- Lorsque quoi ?
Il est tellement proche que son nez touche le mien et que je sens son souffle sur ma peau.
- Et merde, murmure-t-il avant de poser sa bouche sur la mienne.
***
 La surprise m'empêche de réagir. Je reste pétrifié, ses mains froides sur mon visage, ses lèvres taquinant les miennes. C'est étrange. Étrange mais agréable, parviens-je difficilement à penser tandis que mon coeur accélère sa course et qu'une douce chaleur gagne mon corps. Les lèvres de Jamie quittent les miennes et il recule un peu son visage, plongeant ses yeux dans les miens comme s'il voulait lire mon âme. Je ne sais pas ce qu'il lit dans mes prunelles, dans mon cœur, mais avec un petit soupir de bonheur, il recommence à m'embrasser. C'est doux, tendre... juste. Ce premier baiser est tout ce que j'en imaginais, et plus encore. J'entrouvre mes lèvres sous la douce pression des siennes, et laisse entrer sa langue. Elle caresse l'intérieur de ma bouche, taquine ma langue. C'est bon, j'aime son goût. Je ferme les yeux, et je savoure ce baiser, sans penser à rien. Plus rien n'existe que les doigts qui caressent mes joues, la chaude fermeté des lèvres qui pressent les miennes, cette langue qui joue, découvre, palpe, tantôt langoureuse et tantôt incisive, et l'odeur, la merveilleuse odeur d'homme, musc et bois mêlé, l'odeur de mon James, tout autour de moi. Je me perds dans ce baiser. À mon tour je pars en exploration, ma langue caressant la sienne, pénétrant sa bouche, curieuse et affamée, mes mains glissant sous son manteau, entourant sa taille et pressant son dos pour le rapprocher de moi. Plus près, encore plus près, je voudrais me fondre en lui. Il presse plus lourdement contre moi, et malgré la fièvre qui m'emporte, je sens son sexe durci contre ma hanche. Comme un rappel... comme un seau d'eau glacée. Ma bulle de bonheur explose, et je ne sens plus que la terreur. Cette vague de terreur débilitante, qui me fige, tremblant comme un animal devant les phares d'une voiture. Je me raidis, arrache ma bouche de la sienne, sans même pouvoir faire un pas en arrière pour me libérer de son étreinte.
- Eli ? s'inquiète-t-il, reculant juste assez pour me dévisager.
Sa bouche s'entrouvre de surprise et ses mains retombent lourdement à ses côtés, comme s'il ne savait plus qu'en faire.
- Tu as peur ! Tu as peur de moi.

22 juin 2022

Là où tu iras j'irai.


Titre : Là où tu iras j'irai.
Auteur : Marie Vareille.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 348 pages.
Prix : 7.70€.


Résumé :

 Isabelle a 32 ans, un chihuahua nain prénommé Woody-Allen et une carrière d'actrice comparable à celle du Titanic : catastrophique. Le jour où elle refuse d'épouser l'homme qu'elle aime, sous prétexte qu'elle ne veut pas d'enfant, elle se retrouve à la rue. Elle accepte alors le seul rôle qu'on lui propose : se faire passer pour l'irréprochable nanny du petit Nicolas, qui n'a pas prononcé un mot depuis la mort de sa mère, afin d'infiltrer sa famille et d'y exécuter une étrange mission. Elle part donc pour l'Italie, dans la maison de vacances familiale, loin d'imaginer à quel point la rencontre avec ce petit garçon blessé par la vie va bouleverser sa vision du monde.


Extrait :

 Pourquoi faire des choix quand on peut tout se payer ? Elle leva un bras enthousiaste à l'intention du serveur.
- Una pina colada e un bellini, per favore.
Le jeune homme nota sa commande et s'éloigna : Isabelle eut un soupir d'aise. C'était donc ça, être riche. Quelques minutes plus tard, ses deux cocktails étaient arrivés sur la table.
Isabelle aspira une longue gorgée de chaque verre avec un sourire réjoui et entreprit de regarder avec nostalgie les photos de Woody-Allen qu'Amina lui envoyait quotidiennement.
- Vous prenez toujours les cocktails par deux ?
Elle leva un visage étonné vers l'homme qui venait de parler. Jan Kozlowski se tenait devant elle, les mains dans les poches d'un smoking noir impeccable. Rasé de près dans sa tenue de gala, il avait abandonné son air de pirate.
- Je peux ? demanda-t-il en indiquant la chaise en face de celle d'Isabelle.
Sans attendre sa réponse, il s'y assit. Isabelle afficha un sourire crispé.
- Excusez-moi, je ne pensais pas vous croiser ici.
- Moi non plus, répondit Jan, une lueur ironique dans ses yeux bleus.
- Nicolas est couché, j'avais juste besoin de prendre l'air...
- Ne soyez pas mal à l'aise, vous êtes libre de vos soirées.
Elle hocha la tête vigoureusement pour confirmer. Nanou avait bien spécifié que son seul soir libre serait le samedi soir, mais, si Jan n'était pas au courant, ce n'est certainement pas elle qui allait le lui rappeler.
- La même chose, dit-il au serveur qui venait prendre sa commande, apportez-moi un cendrier et ouvrez cette porte-fenêtre s'il vous plaît, je voudrais entendre le piano.
- Si, Signor Kozlowski.
- Le pianiste a peut-être froid, fit remarquer Isabelle un peu choquée par cette démonstration d'autorité.
Il prit le temps d'allumer une cigarette avant de répondre, amusé :
- Il fait vingt-cinq degrés.
Isabelle entreprit de mordiller sa paille avec une nervosité grandissante tout en cherchant un sujet de conversation.
- On ne vous voit plus du tout à la villa. Je me demandais même si vous étiez rentré en France.
- Je dors à l'hôtel, les enfants m'empêchent de me concentrer.
Un enfant muet et deux adolescentes qui passent la journée scotchées à leur téléphone, je comprends que le bruit soit insoutenable...
- Vous sortez toujours en smoking ? demanda-t-elle avec curiosité.
- J'étais à une soirée de remise de prix pour un festival de courts-métrages. À crever d'ennui. Colombe est restée : contrairement à moi, elle se sent très à l'aise à ce genre d'événements.
Un silence s'installa et Isabelle avala nerveusement deux longues gorgées de cocktail pour se donner une contenance. Jan fumait, les yeux perdus de l'autre côté du lac, l'air absent.
- C'est vraiment joli ici, dit-elle.
Il sembla ne pas l'entendre.
- Vous n'êtes pas très bavard, poursuivit Isabelle avec un petit rire qui sonnait faux.
Il tourna la tête vers elle et l'intensité de son regard d'acier fit baisser les yeux à la jeune femme.
- Et vous, vous avez peur du silence.
- Pas du tout. Pourquoi dites-vous ça ?
- Cela m'a frappé déjà la première fois que je vous ai vue : vous parlez dès qu'il y a un blanc.
- Vous m'êtes tombé dessus en plein milieu de la nuit ! se défendit Isabelle.
Sa façon de l'examiner sous toutes les coutures comme s'il lisait en elle la rendait nerveuse. Il pencha la tête sur le côté.
- Je ne parlais pas de cette fois-là, je parlais de la première fois : votre essai pour Au petit bonheur la chance.

17 juin 2022

Promesse tenue, Tome 1 : En chemin.


COUP DE COEUR ♥.

Titre : Promesse tenue, Tome 1 : En chemin.
Auteur : Erika Boyer.
Genre : Romance.
Edition : Hugo & Cie.
Nombre de page : 328 pages.
Prix : 7.60€.


Résumé :

 Sandy a connu une enfance difficile auprès d'un père violent qui a détruit sa famille à force de coups et d'abus. Lorsqu'il meurt, le jeune homme croit qu'il pourra enfin tourner la page et ne plus avoir à s'inquiéter pour sa mère qui a été la première victime de son père. Jusqu'à ce qu'il découvre qu'elle est très malade et que celle qui pourrait l'aide à guérir est sa propre sœur, Alysson. Elle a fui le domicile familial il y a bien longtemps et n'a plus jamais donné signe de vie. Sandy décide de partir à sa recherche, même s'il ignore ce qu'elle est devenue. Il ne connaît que le nom de la ville où elle vivrait : Lège-Cap-Ferret. Il part alors vers le sud-ouest de la France sur sa moto. Ce voyage a tout d'une quête : celle de sa soeur bien sûr, mais peut-être aussi d'un sens à sa vie. Des rencontres inattendues et l'amour pourraient se trouver au bout du chemin...

Vers qui le mènera sa quête ?


Extrait :

 Quand je retrouve ma moto, je suis soulagée de voir qu'elle est toujours là où je l'ai laissée la veille et n'a subi aucun dommage. Je l'embrasse comme un mari embrasserait sa femme au réveil, tendrement. Puis, prenant soin de mettre mon casque, maintenant que je sais qu'il y a une gendarmerie tout près, je monte sur mon Haley pour me rendre dans un café-restaurant que j'ai repéré la veille. J'ai besoin de manger un morceau et de boire autre chose que de l'alcool afin de commencer ma journée de recherches.
Je me gare devant l'endroit qui va sauver mon estomac et j'entre. Cela semble assez vide et cela me convient. Je ne suis pas contre l'idée de commencer à interroger des gens, mais je veux petit-déjeuner en paix.
- Salut, cow-boy, dit une voix que je reconnais immédiatement.
- Danny ?
Elle me sourit en passant de l'autre côté du comptoir. Elle porte un petit tablier qui lui va un peu trop bien et s'essuie les mains sur un torchon, en s'approchant de moi.
- Tu me suis ? dis-je en plaisantant.
- C'est plutôt toi.
- Tu travailles ici aussi ?
- Certaines personnes ont besoin d'argent pour vivre, me répond-elle en souriant.
Je ne me souvenais pas qu'elle était si belle. Ma mémoire m'a menti. Elle est magnifique.
Je ressens un besoin urgent de prendre ses lèvres entre les miennes, de passer ses jambes autour de ma taille, de glisser quelques doigts dans ses cheveux et d'autres sur ses courbes tentatrices... elle me donne envie de tendresse autant que de sexe bestial. J'aspire à un peu plus qu'une nuit. Il n'est pas rare que je couche plusieurs fois avec la même personne, je ne suis pas une étrange ligne de conduite qui m'obligerait à ne me donner qu'une fois, à chaque fois. Cela serait idiot. Mais elle, elle me donne envie de bien plus et c'est aussi excitant qu'effrayant. Elle ne pourrait pas me faire oublier la raison pour laquelle je suis à Lège-Cap-Ferret, mais elle n'aurait aucune difficulté à me distraire si elle le voulait.
- Qu'est-ce que je te sers ?
- Un café et un truc sucré à manger, si tu as.
- J'ai plus grand-chose, vu l'heure, mais j'ai. Une chocolatine, ça ira ?
- Je préférerais un pain au chocolat, dis-je, moqueur.
- Ici, c'est chocolatine. Je vais t'apprendre à parler correctement, tu verras, ça va bien se passer.
- Tu ne me feras pas appeler un pain au chocolat « chocolatine ».
Elle me fait un grand sourire, un de ceux qui disent qu'on va justement faire exactement ce qu'elle a demandé si on ne veut pas avoir de problème.
- Si tu veux le manger, tu as plutôt intérêt à l'appeler comme ça, si.
- C'est du chantage ? réponds-je, rieur.
- Je considère que c'est un simple échange. Tu me fais plaisir, je te fais plaisir.
Je m'apprête à répondre mais elle me coupe l'herbe sous le pied.
- Je sais, hier, l'échange n'était pas équitable.