Mes dernières chroniques

17 août 2022

Off the Map, Tome 2 : Wild Boy.


Titre : Off the Map, Tome 2 : Wild Boy.
Auteur : Lia Riley.
Genre : Romance.
Edition : City.
Nombre de page : 313 pages.
Prix : 17.90€.


Résumé :

Ils vivent une passion infinie où rien n'est garanti, mais tout est possible...

 Leur amour n'était destiné à durer que le temps d'un été. Et pourtant.

Lorsque Natalia est tombée amoureuse de Bran, le beau surfeur aux yeux verts hypnotiques, son univers sombre a soudainement été illuminé. De son côté, Bran a été irrésistiblement attiré par celle qui lui a volé son coeur comme aucune autre fille.

Mais il y a un problème : Natalia n'a qu'un visa de quelques mois en Australie, elle n'est pas censée rester dans ce pays coloré, rude, sauvage... et si loin de chez elle. Doit-elle accepter de tout quitter pour vivre cette passion sauvage ? Peut-être. Encore faut-il que les fantômes surgis de son douloureux passé lui en laissent la possibilité...


Extrait :

 Je m'appuie sur le côté de ma Kingswood. Le lampadaire scintille, effaçant les étoiles dans le ciel du soir qui tombe. Talia prend un temps dingue. Qu'est-ce qu'elle a en tête, là ? Une balade ? Un plan romantique ? Je ne suis pas d'humeur. Sur le point de mettre fin à son petit manège, je contourne la voiture, quand elle ouvre la porte et, vêtue de mon sweat noir à capuche préféré, d'immobilise dans la lumière du hall.
Attends... Pourquoi elle a pris mon sac à dos ?
- Elles sont où, tes planches ? demande-t-elle.
Elle descend de la véranda en s'attachant les cheveux.
Je suis stupéfait. Elle veut aller surfer ? Maintenant ?
De tout ce que j'aurais pu imaginer, elle a trouvé le plus inattendu.
- Regarde, dit-elle, la tête vers le ciel. C'est la pleine lune ou presque.
Mes tripes se serrent, une bataille s'engage entre l'amour fou et l'instinct de protection. Cette fille a un accès libre vers mon coeur !
Elle me renverse d'une façon qui ne devrait pas être autorisée par la loi. Ce qu'elle voit en moi, je préférerais le garder enfoui au plus profond de mon être. J'avance dans l'allée et pose les mains sur le portail.
- Allons, Capitaine. On rentre à la maison. Il faut qu'on dorme un peu.
Elle arrive en bas des marches.
- Hors de question. Je n'ai aucune idée de ce qui t'arrive, mais je n'ai pas du tout envie de rester à te regarder ériger la Grande Muraille.
- Tu as froid.
Je me penche vers elle et tire sur la ficelle du sweat-shirt. Elle a mis un bonnet en laine gris qui lui recouvre le front.
- Non, moi, ça va très bien, riposte-t-elle en tapotant le sac à dos de son pouce. J'ai pris une nouvelle tenue étanche, une petite merveille imperméable et chaude. Et avec ça, des bottes et des gants. Je vais être comme un poisson dans l'eau ou, pour être plus exact, dans le néoprène. J'ai aussi pris ta tenue et ton matériel. Je sais pas où tu ranges tes planches.
Le vent taquine mes cheveux. C'est une légère brise du nord ; les vagues doivent être parfaites. Talia a raison : la lune est presque pleine.
Je me frotte la nuque.
- On pourrait aller vers le South Arm. Ça nous prendra dans les trente minutes. Clifton devrait être pas mal. Je connais une plage de sable sympa ; un super beach break.
- Alors, qu'est-ce que t'attends ?
C'est vraiment de l'enthousiasme ou juste de la bravade ?
- Tu as beaucoup surfé cet été ?
- Une fois par semaine, je dirais. Plus que jamais.
Elle pose la tête sur mon épaule.
Je suis tenté. Les sorties de nuit sont extra. On est face au vide, au néant, les sens en état d'alerte absolue. Cependant, avec le niveau de Talia, meilleur que ce qu'elle prétend, mais pas loin de débutant tout de même, je ne veux pas me retrouver dans une mauvaise situation pour les mauvaises raisons.
- Je suis un peu nerveuse, c'est tout.
Comment elle fait ça ? Elle lit dans mes pensées ou quoi ? Ou peut-être juste que j'envoie des messages subliminaux peu encourageants.
Elle s'efforce de se montrer courageuse pour moi, et il faut que je fasse de même.
- OK, on y va, alors. Les planches sont derrière ; je vais les chercher.
Une heure plus tard, au bord de la plage, je remonte la fermeture dans le dos de la combinaison de Talia. La lune miroite sur l'eau noire. Les vagues se succèdent, régulières et propres. Je prends une profonde respiration, me délectant de la fraîcheur des embruns et du parfum envoûtant du varech en décomposition. Toute mon attention est mobilisée par mon anticipation, mes sens aiguisés par l'obscurité.
Talia s'approche de moi, fébrile.
- Partante, vraiment ?
- Oui, bien sûr !
Un autre rouleau se brise. Les conditions sont idéales. Si elle change d'avis, je ferai quand même une petite glisse rapide.
Peut-être deux, allez.
- C'est quoi, ce bruit ? demande-t-elle en se figeant. Là, encore une fois. T'as entendu ?
Je me concentre et souris quand je perçois une sorte de braiment qui provient des brisants.
- Les manchots pygmées.
- Sérieux ? Il y a des manchots par ici ?
- Bien sûr. En été, ils construisent des terriers le long de la côte. Si tu te balades à côté d'une colonie après la tombée du jour, c'est carrément le vacarme.
- Des manchots, murmure-t-elle. C'est trop cool !

14 août 2022

Sidhe, Tome 3 : Double vue.


Titre : Sidhe, Tome 3 : Double vue.
Auteur : Sandy Williams.
Genre : Bit-lit.
Edition : Milady.
Nombre de page : 454 pages.
Prix : 8,20€.


Résumé :

Une guerre sanglante, un amour impossible.

 McKenzie est une diseuse d'ombres, mais son inestimable don n'a cessé de mettre sa vie et celles de son entourage en péril. Déchirée entre le fae qu'elle aime et celui auquel elle est liée, la jeune femme doit faire la lumière sur les dessous de la guerre si elle veut y mettre un terme. Armée de dangereux secrets et épaulée par de puissants alliés, par ses actes elle divisera le Royaume à tout jamais... à moins qu'elle le sauve.


Extrait :

 Je me rends compte une seconde plus tard que je n'aurais rien dû dire. J'ai obéi à mon besoin de rassurer Kyol, mais le visage d'Aren se ferme et je devine ce qu'il pense : je ne suis pas de son côté. Je suis du côté de l'homme avec qui j'ai formé un lien.
- Aren...
- J'en apprendrai plus à Corrist, dit-il. Je vous enverrai des vêtements secs et des vivres.
- Non, intervient Kyol. Tu vas rester avec McKenzie.
Aren tourne lentement la tête vers le seigneur général de Lena. Les émotions de Kyol sont stables et calmes à présent. Il 'en va pas de même pour celles d'Aren. La tension de ses muscles me saute aux yeux comme si c'était nous que le lien unissait. Techniquement, Kyol est le supérieur hiérarchique d'Aren, mais je ne pense pas qu'il lui ait souvent donné des ordres. À vrai dire, je doute qu'ils aient été souvent en contact ces dernières semaines.
- Je vais y aller, insiste Aren. Tu escorteras McKenzie jusqu'à Corrist. Le trajet devrait être assez sûr.
Ce sera un long voyage, une journée entière de marche. De quoi me laisser le temps de découvrir ce que je peux faire pour récupérer Aren.
- Non, dit Kyol.
S'il s'était agi d'un autre qu'Aren, il aurait su que ce n'est pas la peine de discuter avec Kyol quand il parle sur ce ton. Même la pluie cesse de tomber, presque comme si elle se pliait à la voix autoritaire de Kyol.
Mais on ne refait pas Aren, et bien qu'il soit désormais membre du gouvernement légitime du Royaume, il reste un rebelle dans l'âme.
- J'ouvre une fissure, dit-il. Si tu choisis de m'imiter, ce sera toi qui la laisseras seule.
Un rai de lumière blanche fend le vide à côté de lui.
- Attends ! aboie Kyol. Emmène-là juste hors de la ville. Je te rejoindrai à l'approche du bâtiment le plus à l'ouest de Tholm.
Puis avant qu'Aren ait pu entrer dans sa fissure, Kyol en ouvre une à son tour et disparaît.
Aren jure.
- Je ne suis pas si repoussante que ça, si ? je demande sur un ton léger.
Aren pose ses yeux argentés sur moi et me fait comprendre au regard qu'il me jette derrière ses cils sombres que ce que je viens de dire est ridicule. Je me contente d'un minuscule haussement d'épaules enserre mon corps secoué de frissons et me mets à marcher.
- Était-ce vraiment nécessaire que tu te débarrasses de tes chaussures et de ta cape ? me demande Aren en m'emboîtant le pas.
Il observe mes pieds nus. Ce n'était pas une erreur de jeter mes chaussures - mes orteils étaient déjà gourds et j'ai une meilleure prise sur le sol sans - mais retirer la cape en a peut-être été une.
Au lieu de l'admettre, je dis :
- Tu as retiré la tienne.
- C'est plus facile de se déplacer sans.
- Exactement.
- Sans compter que je peux me tenir chaud, dit-il.
- Si tu as envie de me tenir chaud, c'est quand tu veux.
Même dans le noir, je vois une étincelle briller dans ses yeux argentés quand il me regarde.
- Tu as décidé de rendre les choses difficiles, n'est-ce pas ?
Nous nous engageons sur un pont incurvé en pierre.
- Si tu fais allusion au fait que tu m'as larguée, alors oui.
- Tu as rendu les choses aussi difficiles pour Taltrayn ?
- Je...
Cette question me prend de court, et je ne sais pas trop comment y répondre. Avec Kyol, je savais pourquoi il gardait ses distances. J'en respectais même la raison, et je croyais au début que la culture humaine nuisait au Royaume. Au fil des années, j'ai commencé à en douter, mais je n'ai jamais douté de Kyol. Il était noble et n'avait qu'une parole, et à chaque fois qu'il m'a dit qu'on ne pouvait pas être ensemble, j'ai essayé de tourner la page.
Je regarde Aren tandis que nous passons au-dessus d'un canal. Je n'ai aucune envie de tourner la page à présent.
- Je ne les ai pas rendues faciles, dis-je enfin, me focalisant sur la longue allée devant nous.
Nous approchons de la limite de la ville. Les maisons sont plus larges, les devantures des échoppes moins collées les unes aux autres, et même si plusieurs heures nous séparent encore de l'aube, les ombres entre les bâtiments ne semblent pas aussi épaisses ici.
Mais il fait toujours un froid glacial, et Aren ne s'est pas rapproché d'un centimètre.
Je cesse de marcher et me tourne vers lui.
- Et si tu me disais ce qui ne va pas ?
Presque à contrecœur, il soutient mon regard.
- Je ne comprends pas pourquoi tu es ici, dit-il. Tu as la vie normale que tu as toujours voulue.
Sans détourner les yeux, je penche la tête de côté.
- Tu ne sais donc pas que je ne pourrai jamais être une humaine normale ?
Au sourire qui naît sur son visage, je vois qu'il reconnaît ces mots. C'est ce qu'il m'a dit il y a deux mois, juste après l'attaque des miliciens en Allemagne. Je luttais encore contre mon attirance pour lui, m'accrochant à l'espoir que je lisais les ombres pour un roi bon et honnête.

12 août 2022

En voiture, Simone !


Titre : En voiture, Simone !
Auteur : Aurélie Valognes.
Genre : Contemporain.
Edition : Le Livre de Poche.
Nombre de page : 241 pages.
Prix : 7.20€.


Résumé :

 Pour une comédie familiale irrésistible, il vous faut : un père, despotique et égocentrique, Jacques. Une mère, en rébellion après quarante ans de mariage, Martine. Leurs fils, Matthieu, éternel adolescent mais bientôt papa de trois enfants ; Nicolas, chef cuisinier le jour et castrateur tout le temps ; Alexandre, rêveur mou du genou. Et... trois belles-filles délicieusement insupportables ! Stéphanie, mère poule angoissée ; Laura, végétarienne angoissante ; Jeanne, nouvelle pièce rapportée, féministe et déboussolée, dont l'arrivée va déstabiliser l'équilibre de la tribu. Mettez tout le monde dans une grande maison en Bretagne. Ajoutez-y Antoinette, une grand-mère d'une sagesse à faire pâlir le dalaï-lama, et un chien qui s'incruste. Mélangez, laissez mijoter... et savourez !


Extrait :

 Ils étaient tous arrivés. Nicolas et Jeanne en même temps qu'Alexandre et Laura. Cela en faisait du monde. La longue table de cuisine était dressée pour dix. Les deux jeunes garçons étaient déjà assis et engloutissaient les pâtes à la bolognaise de leur grand-mère. Posté à un angle, le jack russel de Laura guettait la moindre opportunité de grappiller un peu de nourriture.
- À table tout le monde ! cria Martine. C'est prêt et ça va refroidir.
- On ne prend pas l'apéro ? Pour fêter les vacances ? proposa Jacques.
- Pas midi et soir, papa, lui rappela Nicolas. N'est-ce pas, maman ? Jeanne, tu termines ta cigarette, on passe à table !
- Fumer avant de manger... On aura tout vu ! Ça tue le goût et ça va finir par être un handicap dans son métier, insista Jacques en observant sa belle-fille, dehors sous le crachin breton.
- À sa décharge, tout le monde fume au restaurant. Mais il pue, ce chien ! remarqua Nicolas.
- Ah, merci ! fit Jacques. C'est une vraie infection, je suis d'accord. Si tu pouvais le dire à Laura pour qu'elle le fasse sortir de la cuisine, tu nous sauverais. Si c'est moi qui le demande, je vais encore me faire envoyer balader.
Stéphanie entra dans la cuisine et mit les mains sur sa bouche.
- C'est quoi cette odeur ? On dirait que quelqu'un a vomi !
- On soupçonne le chien, avança Jacques, content, pour une fois, de trouver en Stéphanie une alliée potentielle.
- De toute façon, ce n'est pas hygiénique, un chien dans une cuisine, enchaîna Nicolas.
- Laura, il pue ton chien ! lança Stéphanie. Tu ne l'as jamais lavé ou quoi ? J'ai envie de vomir. Je suis désolée, mais il ne reste pas dans la cuisine. Allez, oust, Jack ! ordonna-t-elle en le poussant du pied.
Laura saisit l'animal pour le collier et le fit sortir à contrecœur de la cuisine. Quand elle revint, Jacques lui demanda :
- Pourquoi « Jack » déjà ?
- Et pourquoi pas ? Vous êtes content : j'ai mis le chien dans la pièce du fond...
- Moi, je n'ai rien dit ! se défendit Jacques. À table, tout le monde ! On va encore manger froid sinon.
- Ne crie pas, papa, on est tous là, fit observer Matthieu.
- Eh bien asseyez-vous, si vous êtes prêts. Il n'y a pas de plan de table, on n'est pas chez les Rothschild. Voilà, on va commencer à manger et les petits ont déjà fini ! remarqua Jacques, irrité. Servez-vous en asperges ! Mais où est passée Martine maintenant, il ne manque plus qu'elle. Martiiiiiiiiiiiiiine !
- Je suis là, ce n'est pas la peine de crier. J'étais allée chercher la bouteille de vin. Jeanne, tu nous expliques ce que tu as apporté ?
- Alors c'est un petit vin italien, un chianti, cépage sangiovese principalement. Il ira très bien avec la sauce tomate.
- Merci Jeanne. Stéphanie, je ne t'en propose pas ? tenta Jacques.
- Non merci, ce serait avec plaisir, mais je n'ai vraiment pas le droit.
- Vous avez vu ! continua Jacques, à une lettre près, chianti, ça s'écrit comme chiante... Tu as vu, Stéphanie ?
- Pourquoi vous me dites ça à moi ?
Sans même répondre, il se tourna vers son autre bru :
- Laura ? Il semble être sans sulfites. Tu en veux ? Tu ne prends pas d'asperges ? Elles sont bio pourtant. Martine est allée les acheter chez Biocoop spécialement pour toi.
- Non, merci, je n'aime pas les asperges, précisa Laura.
- Mais qu'est-ce que tu aimes, comme fruits et légumes ? Que l'on sache une bonne fois pour toutes... Si je me souviens bien, tu n'aimes pas la betterave, le kiwi, et maintenant les asperges. Ce n'est pas un peu contraignant quand on est végétarienne ?
- Ce n'est pas tout à fait ça. Le kiwi, je suis allergique.
- Moi, j'ai entendu dire qu'il y avait des allergies croisées entre le kiwi et le latex, dit Jeanne. C'est vrai, Laura ?
Laura devint toute rouge. Nicolas donna un grand coup de pied sous la table à Jeanne.

10 août 2022

The boy next door.


Titre : The boy next door.
Auteur : Penelope Ward.
Genre : Romance.
Edition : Hugo & Cie.
Nombre de page : 421 pages.
Prix : 7.60€.


Résumé :

 Chelsea s'installe dans un nouvel appartement après une rupture amoureuse douloureuse. Le changement lui fera le plus grand bien et lui permettra de rencontrer de nouvelles personnes. Justement, son voisin d'en face, Damien, est sexy et amusant. Partager le même palier est un peu compliqué au début : il possède deux chiens très bruyants et les murs qui les séparent sont un peu trop fins. Cependant, ils deviennent vite les meilleurs amis du monde. Chelsea qui pensait ne jamais oublier son ex, Elec, se surprend à imaginer bien plus qu'une simple amitié avec Damien, mais il semble réticent à envisager autre chose. Chelsea n'est pas sûre de pouvoir se contenter de cette relation amicale et surtout, elle veut en savoir davantage sur Damien, qui paraît cacher bien des secrets.
Nouvel appartement, nouvelle vie.


Extrait :

 - Sérieux, ils aboient super fort aujourd'hui, dis-je en me frottant les yeux.
La voix de Damien au téléphone était trop claire et enjouée si tôt le matin.
- Pourquoi ne viens-tu pas prendre le petit déjeuner avec nous ? Si tu ne peux pas les battre, joins-toi à eux.
- Alors le seul moyen de faire taire les Double D est de venir chez toi ? Sérieusement, il doit bien y avoir une meilleure solution.
- Meilleure que de petit déjeuner avec nous ? Tu leur manques.
- J'en doute fortement.
Ces dernières semaines, Damien et moi avions commencé à remarquer que, pour une raison inconnue, les chiens s'arrêtaient d'aboyer quand je venais me plaindre le matin. Dès que je rentrais chez moi, les aboiements reprenaient. C'était comme s'ils me provoquaient.
- Viens, je te ferai du café et des œufs. Par contre, si tu veux des tartines grillées, il faut venir avec le grill.
- Je vais me faire griller quelques tranches de pain et les apporter, dis-je en enfilant des vêtements avec le sourire.
- On va oublier le bacon, dit-il en riant.
- Hmmm... ouais. Pas de bacon, s'il te plaît.
Damien avait laissé sa porte entrouverte et vidait une poêle pleine d'œufs brouillés sur deux assiettes quand j'entrai.
Un plat de toasts dans les mains, je lançai :
- Tu as vu, ils ne sont même pas brûlés.
- Tu ne devais pas être en train de lire.
Dudley et Drewfus m'entourèrent, mais comme je m'y attendais, ils s'étaient arrêtés d'aboyer dès que j'étais entrée.
Espérant récupérer quelques miettes, ils s'assirent à nos pieds tandis que Damien et moi mangions à la table de la cuisine.
- C'est fou comme ils sont calmes.
- Ils sont calmes quand ils sont contents, fit-il remarquer après avoir pris une bouchée de pain grillé.
- Alors tu veux dire qu'ils sont plus heureux quand je suis ici ?
- Peut-être qu'ils aiment avoir une présence féminine quand ils se réveillent, ou peut-être juste qu'ils sentent quelque chose que les autres ne sentent pas.
- Quelque chose chez moi ?
- Tu sais comme leur odorat est puissant.
- Oui, je sais, dis-je en riant. Entre ton oreille supersonique et leurs nez hyper sensibles, je suis cernée, ici.
- Peut-être qu'ils aiment ton odeur.
- Tu veux dire que je suis comme un morceau de viande fumée pour eux ?
- Non. Tu sens meilleur que le bacon.
- Tu m'as sentie ?
- Oui.
- Et alors ? Je sens quoi ?
- Tu sens très bon. Une odeur sucrée.
- You bacon me paranoid.
Il se mit à rire.
- D'accord... donc soit ils aiment ton odeur, soit ils sentent juste que tu es une personne amicale et ils se calment quand tu es là.
Damien me regardait avec un air amusé qui me poussa à demander :
- On parle des chiens là, ou de toi ?
- Peut-être des deux.
Mon coeur se serra, mais je préférai l'ignorer.
Damien écrasa une tranche de pain grillé et jeta les miettes par terre. Les chiens se jetèrent dessus.
Puis il se leva pour verser une autre tasse de café.
- Je ressors avec Brian Steinway, ce week-end, annonçai-je.
Il remuait le sucre dans son café, mais sa main s'immobilisa un moment quand il m'entendit.
- Je ne savais pas que tu continuais à le voir. Ça faisait longtemps que tu ne m'en avais pas parlé.
Brian et moi étions sortis seulement quelques fois en l'espace d'un mois. Même s'il ne provoquait rien de spécial en moi, contrairement à Damien, je n'avais aucune raison légitime de ne plus sortir avec lui. Nous n'étions pas allés au-delà du baiser ; principalement à cause de ma propre hésitation.
- Ouais... je me dis pourquoi pas ? Il est plutôt gentil.
Damien reposa brusquement son mug.
- Plutôt gentil ?
- Oui.
- Tu réalises que tu viens juste de le démolir, là ? Alors pourquoi tu t'embêtes à passer plus de temps avec lui si tu n'es pas folle de lui ?
Parce que j'ai besoin de quelqu'un pour me distraire de toi.
En même temps, j'adore être avec toi.
- Qu'y a-t-il de mal à passer du temps avec quelqu'un ?
- Ce qu'il y a de mal, c'est qu'il s'attache de plus en plus à toi. Et je vais devoir le foutre à la porte quand il va se fâcher.
- Tu t'emballes, là.
- D'accord. On verra bien. Quoi qu'il en soit, tu ne devrais pas perdre ton temps avec lui s'il ne représente pas exactement ce que tu cherches.
- On ne peut pas toujours avoir ce qu'on veut.
J'étais sûre que Damien ne savait absolument pas que c'est à lui que je faisais allusion. Je pensais réussir à cacher mes sentiments pour lui ces derniers temps en faisant comme si nous n'étions que des amis. Mais s'il y avait une chose que j'avais apprise, c'est qu'on ne contrôle pas l'attirance qu'on peut avoir pour quelqu'un. Quand elle est là, elle est là. On peut l'ignorer ou agir en conséquence, pas la contrôler. Mais j'étais reconnaissante envers Damien, même si les choses ne pouvaient pas dépasser le stade de l'amitié. Au moins, il m'avait aidée à arrêter de penser à Elec.
- Où t'emmène-t-il 
- Manger une fondue.
- Au moins, il trempera son bout dans quelque chose.
- Tu es méchant.
- Tu lui as dit que tu aimais avoir deux bouts ?
- Pardon ?
- Tu sais... deux mecs... deux bouts.
- Je n'aime pas ça du tout... je n'ai même jamais fait ça de ma vie.
- Je te taquine.
- Tu aimes ça.
- Avec deux bouts ?
- Non ! Me taquiner.
- J'adore ça, Chels. Surtout quand tu rougis.
- Tu ne m'avais jamais appelée Chels.
- Tu n'aimes pas ?
- Elec m'appelait comme ça, alors non. Je ne suis pas très fan.
- Bien, alors il faut qu'on trouve un autre surnom.
- Lequel ?
- Je vais y réfléchir, dit-il avec un grand sourire.
- Oh non...
Damien posa son menton dans sa main.
- Il y a d'autres noms qui sont bannis ?
- Caméléon.
- Caméléon ? Pourquoi je t'appellerais « Caméléon » ?
- Elec mélangeait les lettres des mots pour en faire de nouveaux. Il a découvert un jour qu'avec les lettres de mon nom et de mon prénom, on pouvait faire, « chaméléon saje ». Je lui ai bien dit que ça ne s'écrivait pas comme ça, mais le surnom est resté.
- Hmmm. Elec n'est pas si intelligent que ça. Qu'est-ce qu'on trouve si on joue avec les lettres « tête de cul » ?
- Tu connais mon avis sur la question, dis-je en riant.
- Sucette ? proposa-t-il en riant. Ah non, il reste des lettres. Mais je comprends qu'on puisse devenir accro à cette connerie.
- Aux sucettes ou aux anagrammes ? plaisantai-je.
- Aux deux.
- En fixant Damien, je me dis combien j'étais heureuse d'avoir au moins trouvé un ami et un protecteur en lui.
- Tu es une bonne pâte, Damien. Et je suis sûre que tu cuisines aussi très bien les pâtes.
- C'est ma mère qui m'a appris à cuisiner.

8 août 2022

Les amours de Lara Jean, Tome 3 : Pour toujours et à jamais.


Titre : Les amours de Lara Jean, Tome 3 : Pour toujours et à jamais.
Auteur : Jenny Han.
Genre : Jeunesse.
Edition : Panini Books.
Nombre de page : 352 pages.
Prix : 8.90€.


Résumé :

 "Il m'a promis d'appeler dès son retour de la salle de gym, et je garde mon téléphone près de moi la sonnerie réglée au maximum. Il a appelé ce matin pendant que je me douchais et, le temps que je m'en aperçoive, il avait déjà raccroché. Est-ce le futur que nous attend ? Ce sera différent quand j'aurai des cours, avec un planning précis, bien à moi. Pour le moment, j'ai l'impression d'être en haut d'un phare, à guetter le retour du navire de mon amoureux. Pour quelqu'un de romantique, ce n'est pas un sentiment complètement désagréable, pas pour le moment, du moins. Ce sera différent quand ce ne sera plus aussi nouveau, quand ne plus le voir chaque jour sera devenu la norme. Pour l'instant, je trouve un plaisir pervers dans le manque qu'il m'inspire."


Extrait :

 Après les cours, Peter m'emmène chez lui, parce que la maison est un bazar innommable à cause des affaires du mariage. La mère de Peter a son club de lecture après le travail et Owen va au foot, la maison sera donc toute à nous. Il me semble que nous ne sommes seuls que dans sa voiture, c'est donc un moment rare. Je rentre du lycée pour la dernière fois, et c'est Peter K. qui me raccompagne. Finir cette année comme elle a passé, assise sur le siège passager de Peter, c'est juste parfait.
Nous montons dans sa chambre et je m'assieds sur le lit, soigneusement fait, couverture bien tirée et oreillers tout gonflés. C'est une nouvelle couverture, sans doute achetée en prévision de l'université, un tartan cerise, crème et bleu marine probablement choisi par sa mère.
- C'est ta mère qui fait ton lit, non ? dis-je en m'allongeant.
- Oui, répond-il sans aucune honte.
Il s'affale sur le lit, m'obligeant à me pousser.
La lumière de cette fin d'après-midi filtre à travers les rideaux pâles et diffuse une lueur orangée dans la pièce. Si je devais donner un nom à ce filtre, je l'appellerais l' « été en banlieue ». Peter est magnifique, sous cet éclairage. Il est toujours beau, mais plus particulièrement maintenant. Je prends une photo mentale. J'oublie complètement que je lui en veux d'avoir oublié mon album de promo quand il se blottit contre moi et pose la tête sur ma poitrine avant de murmurer :
- Je sens battre ton coeur.
Je me mets à jouer avec ses cheveux. Je sais qu'il adore ça. Ils sont si doux, pour un garçon. J'aime le parfum de sa lessive, de son savon, de tout.
Il lève les yeux vers moi et passe le doigt le long de l'arc de mes lèvres.
- C'est ce que j'aime le plus chez toi.
Il se redresse pour effleurer ma bouche de la sienne, pour me provoquer. Il me mordille la lèvre inférieure, taquin. J'aime ses différents baisers, mais sans doute ceux-là sont-ils les meilleurs. Puis il m'embrasse avec flamme, les mains dans mes cheveux. Je reviens sur mon choix, ce sont ces baisers-là que je préfère.
Entre deux baisers, il me demande :
- Pourquoi on ne se bécote jamais ailleurs que chez moi ?
- Je... Je ne sais pas. Je n'y avais jamais réfléchi.
C'est vrai qu'on ne s'embrasse que chez lui. Je trouverais dérangeant de le faire dans le lit que j'occupe depuis toute petite. Mais quand je suis sur le lit de Peter ou dans sa voiture, j'oublie tout et je me laisse prendre par l'instant.
Nous nous embrassons encore. Peter a retiré son tee-shirt, mais pas moi, quand le téléphone sonne en bas. Peter déclare que c'est sans doute le réparateur qui annonce quand il viendra pour les tuyaux. Il remet son haut et descend répondre. En l'attendant, je fais le tour de sa chambre du regard et j'aperçois mon album de promo sur son bureau.
Je me précipite pour regarder la quatrième de couverture. Il n'y a toujours rien d'écrit. Quand Peter revient, je suis de nouveau sur le lit. Je ne parle pas de l'album. Je ne demande pas pourquoi il n'a toujours rien noté. Je ne sais pas trop pourquoi... Je lui annonce que je vais rentrer car Margot doit revenir d'Écosse ce soir et je veux remplir le frigo de ses plats préférés.
Peter se rembrunit.
- Tu ne veux pas rester un peu plus longtemps ? Je pourrais t'emmener faire des courses.
- Je dois aussi nettoyer l'étage, dis-je en me levant.
Il me tire par la chemise et tente de m'attirer de nouveau sur le lit.
- Allez, juste cinq minutes.
Je me rallonge et il se blottit contre moi, mais je pense toujours à mon album de promotion. Je travaille sur son scrapbook depuis des mois, il pourrait au moins trouver quelque chose de gentil à écrire sur mon album souvenir.
- C'est un bon entraînement pour la fac, murmure-t-il en m'enveloppant étroitement de ses bras. Les lits sont petits à l'UVA. Ils sont comment, à l'UNC ?
Dos à lui, je réponds :
- Je ne sais pas. Je n'ai pas visité les dortoirs.
Il pose la tête entre mon cou et mon épaule.
- C'était une question piège, avoue-t-il en souriant. Pour vérifier que tu n'étais pas allée dans la chambre de je ne sais quel type de l'UNC avec Chris. Bravo, tu as passé le test.
Je ne peux m'empêcher de rire, puis je m'assombris. C'est à mon tour de tendre un piège.
- Oh, rappelle-moi bien de prendre mon album de promo quand nous partirons.
Il se raidit une seconde, puis reprend d'un ton léger :
- Il va falloir que je le cherche. Il est par là, mais je ne sais pas trop où. Si je ne le trouve pas, je te l'apporterai plus tard.
Je me dégage et m'assieds. Il me regarde, perplexe.
- Peter, je l'ai vu sur ton bureau. Je sais que tu n'as encore rien écrit.
Il s'assied à son tour, soupire et passe la main dans ses cheveux d'un geste raide. Il me jette un regard, puis baisse les yeux.
- Je ne sais pas quoi écrire. Je sais que tu as envie d'un truc spécial, romantique, mais je ne sais pas quoi dire. J'ai essayé plein de fois, mais mon esprit est comme figé. Tu sais, je ne suis pas doué pour ce genre de trucs.
- Je me moque de ce que tu dis, du moment que cela vient du coeur, dis-je avec sincérité. Sois mignon. Sois toi-même.
Je me rapproche et passe les bras à son cou.
- D'accord ?