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10 mai 2020

13 à table ! (2018).


Titre : 13 à table ! (2018).
Auteur : Collectif.
Genre : Contemporain.
Edition : Pocket.
Nombre de page : 283 pages.
Prix : 5€ / 1 livre acheté = 4 repas distribués.


Résumé :

Pour la quatrième édition, 13 à table ! et les Restos du Cœur reviennent avec un recueil de 13 nouvelles sur le thème de l'amitié.


Avis :

 Retour dans « 13 à table » et ses nouvelles aventures, avec le sujet de l’amitié. J’ai commencé à suivre cette bonne cause en 2014, et en dehors de prendre plaisir à participer à celle-ci ; je découvre chaque année des auteurs francophones. C’est pour moi une grande richesse de prendre part à cet événement. Certes, petit retard cette fois, en le lisant deux ans après sa sortie ; mais au final, plein de surprises avec ce 4ème volume.

Tant d’amitié — Françoise Bourdin :
Une nouvelle très courte, le sujet est toutefois réel et intéressant. Celui-ci aborde l’amitié et l’amour, les secrets, les mensonges. La relation de deux amis, et celle d’un couple. Je n’ai pas trop aimé la narration qui est à la troisième personne du singulier, du coup l’histoire paraît impersonnelle et n’offre pas d’émotion. 6.5/10.

Je suis Li Wei — Michel Bussi :
Cette histoire est touchante, et parle d’un fait réel. La révolte des Taiping en Chine, entre 1851 et 1864, cette guerre à fait plus de vingt millions de morts. Et la façon dont elle est mise en avant est très belle, de plus c’est le genre de nouvelle qui fait voyager. La plume de Michel Bussi est magnifique dans ce récit. 9/10.

L’anomalie — Maxime Chattam :
Surprenant au plus haut point. On se pose des questions, tout est mystérieux dans ce petit récit. Mais la fin est presque imprévisible. C’est une nouvelle un peu fantasque, proche de la science-fiction ; du moins jusqu’au dénouement. Et l’écriture de Monsieur Chattam est extraordinaire, à la fois prenante et poétique. « L’anomalie » passe à côté du coup de cœur ! 9.5/10.

Mon cher cauchemar — Adélaïde de Clermont-Tonnerre :
Que puis-je dire sur cette nouvelle ? Déjà, le titre n’est pour moi, pas du tout adapté. C’est une histoire bien plus belle qu’un cauchemar. Deux amies qui se retrouvent, après une tragédie. Vont-elles réussir à délier leur rancœur, à se pardonner l’une et l’autre ? L’amitié donne toujours du baume au cœur après un drame. L’écriture de cette auteure que je découvre est fluide, pleine de grâce. La fin de « Mon cher cauchemar » est vraiment étonnante, mais surtout brutale. 9/10.

Œil pour Œil — François d’Epenoux :
Quelle imagination ! Une histoire d’ami qui souhaite se venger ? Et pourtant, ceci n’est qu’une machination. Du mystère et de la surprise, de l’inattendu. Les deux héros, je ne les ai pas forcément appréciés. Une nouvelle plutôt longue et tirée par les cheveux, avec une narration un peu lourde. François d’Epenoux possède une plume à la fois sympathique et pompeuse. 7/10.

Best-Seller – Eric Giacometti & Jacques Ravenne :
Une petite histoire policière, très sympathique. Avec du suspense par-ci et par-là et une révélation à la hauteur. Les personnages sont plutôt bien construits, bien que ce soit une nouvelle d’une vingtaine de pages. La plume des deux auteurs est harmonieuse, et s’accorde parfaitement. Au final, c’est un thriller psychologique simple, sans détails extravagants. 8/10.

L’escalier — Karine Giebel :
À cet instant tout frais, j’en ai les larmes aux yeux de ce récit. Magnifique, bouleversant. Une amitié entre Mahdi âgé de huit ans et une dame au nom de Madeleine de quatre-vingt-cinq ans, une grand-mère et son petit fils d’adoption. Il l’aide, elle s’occupe de lui durant l’absence de ses parents. Ensemble, ils vont créer un lien à la fois naturel et sublime. Grâce à elle, il trouve son chemin et grâce à lui elle panse ses plaies et atteint une forme de paix. La plume de Karine Giebel est touchante, une écriture douce et poétique ; avec un sujet beau et enrichissant. 10/10.

Amitiés égyptiennes — Christian Jacq :
Ce style n’est pas fait pour moi, c’est de la narration pure et dure avec des descriptions et des définitions. L’écriture de Christian Jacq n’est pas forcément à mon goût, beaucoup de répétitions sur les prénoms et un texte avec du vocabulaire soutenu du début à la fin. Je n’ai donc pas réussi à rentrer dans ces amitiés égyptiennes. Mais le tout dernier paragraphe contenant quatre lignes, est une question philosophique ; donne un certain intérêt à cette nouvelle. 4/10.

Pyrolyse — Alexandra Lapierre :
Une histoire plutôt agréable, mais je n’en suis pas tombée sous le charme. Très peu d’émotion. L’amitié peut devenir méprise, et c’est ce que l’auteur aborde. Après, cela reste attendrissant et drôle, surtout la scène de « pyrolyse ». La fin fait sourire, elle donne une note de vivacité. Tandis que le reste de cette nouvelle est plat, malgré les dialogues. Alexandra Lapierre donne une vision de l’amitié intéressante, avec une plume simple, mais guère passionnante. 7/10.

Bande décimée — Marcus Malte :
Première poésie dans « 13 à table », je suis assez surprise. Cela change et apporte un « plus » à ce recueil de nouvelles. Toutefois, j’aurais aimé découvrir l’écrivain sur plusieurs poèmes et pas qu’un seul. Une déception légère, malgré la bonne idée. J’ai aimé certains vers, et d’autres pas du tout. Les mots peuvent parfois être familiers. Marcus Malte n’écrit pas totalement avec harmonie, le thème reste l’amitié et aussi j’ai ressenti de la solitude dans cette prose. 7/10.

Le monde est petit – Agnès Martin-Lugand :
Souvenez-vous de « Merci, la maîtresse » dans le précédent « 13 à table », quelle surprise de découvrir que « Le monde est petit » est une suite de cette nouvelle. De ce fait, on retrouve Sophia et Éric, cinq années plus tard. Le temps s’est écoulé, avec une vie chacun de leur côté. En se revoyant, ils reprennent leur complicité là où elle s’est arrêtée. Mais en dehors de ça, on fait la connaissance de Pauline et Julien, un couple d’amis à Sophia. Cette histoire raconte donc une très belle amitié, sincère et prête à tout pour donner un coup de pouce au destin. Ainsi qu’une réponse à l’alchimie de Sophia et Éric. Évidemment, je suis toujours autant sous le charme de la plume d’Agnès Martin-Lugand ; pleine d’authenticité, sur des réalités tout à fait communes. Et puis, ce dénouement ; quel plaisir ! J’ai tout bêtement souri avec les deux dernières phrases finales. 10/10.

L’incroyable stylo bic quatre couleurs… — Romain Puértolas :
Enfin un récit qui sort complètement des sentiers battus. Ici, c’est le voyage d’un simple, mais unique stylo bic, allant de pays en pays et de mains en mains. Il appartient à un écrivain, Benjamin Bloom. Depuis sa perte, il est triste et s’enferme dans sa chambre d’hôtel ; et ne souhaite aucunement signer d’autographes. J’ai bien aimé cette histoire, étonnante et tendre. De plus, l’écriture de Romain Puértolas est plaisante, sans faux-semblant ; complètement naturelle. 8.5/10.

Zina — Leïla Slimani :
Je découvre pour la première fois Leïla Slimani, elle offre une histoire triste, douloureuse. Certes, je n’ai pas forcément accroché avec les héroïnes ; l’une est « méprisante », « antipathique » et l’autre est trop « libre », « insouciante ». La première, je vais la nommer Ila, la deuxième, c’est Zina. L’une à la belle vie, tandis que Zina n’a aucune richesse. Amie depuis l’enfance, Ila, l’héroïne narrative s’en va étudier à Paris. Une séparation de deux ans, jusqu’à la revoir. Sauf que plus rien n’est comme avant. Ila ne supporte plus Zina, toutefois ce n’est pas forcément voulu ; juste que les caractères et les manières peuvent changer. La fin laisse un goût amer, presque frustrant. Je me sens désarçonnée par la plume de cette auteur, ni désagréable ni exceptionnelle. 7.5/10.

Je suis assez satisfaite de cette quatrième édition, avec deux coups de cœur. « L’escalier » de Karine Giebel, où l’amitié sur deux générations différentes est abordée ; et « Le monde est petit » d’Agnès Martin-Lugand, suite de « Merci, la maîtresse » se trouvant dans le « 13 à table (2017) ». Bien évidemment, j’ai aussi des déceptions avec « Amitiés égyptiennes » de Christian Jacq, histoire que je n’ai pas réussi à suivre ; ainsi que « Tant d’amitié » de Françoise Bourdin, malgré une note au-dessus de la moyenne, cette nouvelle manque d’émotion et la narration à la 3ème personne donne un effet platonique. Le reste s’équilibre, entre « Je suis Li Wei » de Michel Bussi, un récit étonnamment émouvant ; « L’anomalie » de Maxime Chattam, très proche du coup de cœur ; « Mon cher cauchemar » d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ne vous fiez certainement pas au titre ; et grande surprise cette fois, mais j’ai beaucoup apprécié « L’incroyable stylo bic quatre couleurs… » de Roman Puértolas, pourtant sa nouvelle de l’année précédente m’avait complètement déplu. Donc, sincèrement, c’est presque un sans-faute pour le thème de l’amitié. J’espère pouvoir continuer cet engagement et repérer des pépites inédites.


Note :
8.5/10.

1 commentaire:

  1. J'avais découvert un des romans 13 table, mais je ne sais plus de quelles années... Mais ravie que ce recueil t'ait plu :)

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